MONTRÉAL — Le syndicat des Teamsters, qui a 4000 membres dans l’industrie du transport routier au Québec, affirme que les conditions de travail de bien des camionneurs se sont tellement dégradées, à cause des exigences de livraison «déraisonnables», que cela peut mettre en danger des vies.

Dans son mémoire qu’il a transmis à la Société de l’assurance automobile du Québec, qui mène présentement une consultation sur la sécurité routière, le syndicat affirme que les exigences de la part des «donneurs d’ouvrage», qui veulent que les colis soient livrés de plus en plus rapidement, font que des camionneurs subissent une pression insoutenable, travaillent très fatigués et courent des risques.

Le syndicat des Teamsters fait état de routiers, dans les grands centres urbains, qui travaillent entre 12 et 14 heures par jour.

Il rapporte aussi que certains camionneurs consomment des amphétamines afin de rester éveillés et de pouvoir ainsi continuer à rouler.

Il affirme que cette dégradation des conditions de travail résulte d’une déréglementation qui a eu cours au milieu des années 1980. Celle-ci a fait naître des compagnies de transport qui proposent leurs services «à des prix ridiculement bas» tout en s’engageant à respecter des délais très courts.

«Ces exigences qui sont devenues la norme, par la force des choses, mettent en péril, selon nous, leur vie et celle des autres usagers de la route», écrit le syndicat dans son mémoire.

Le syndicat recommande de légiférer afin de «faire cesser la livraison de marchandise dans des délais déraisonnables».

Il recommande également que les contraventions données aux camionneurs qui répondent à des exigences de livraison déraisonnables ne soient plus uniquement de leur responsabilité.

Ils proposent aussi une campagne de sensibilisation sur la cohabitation avec les véhicules lourds, qui s’adresserait à tous: cyclistes, piétons, automobilistes et camionneurs.

Ils voudraient également que les véhicules lourds soient inspectés par des mécaniciens, comme c’est le cas pour les autobus.

La Société de l’assurance automobile du Québec achève sa consultation des citoyens, groupes et associations sur ce qui peut être fait pour améliorer le bilan routier. En tout, 11 villes auront été visitées d’ici le 3 mars.

Les recommandations seront ensuite déposées au ministère des Transports.

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