HALIFAX — Un petit groupe de femmes a tenté de mettre à profit l’indignation suscitée sur les réseaux sociaux par l’acquittement d’un chauffeur de taxi de Halifax accusé d’avoir agressé sexuellement une femme dans son véhicule.

Rassemblées dans une bibliothèque, elles ont écrit des lettres réclamant une enquête judiciaire sur le juge Gregory Lenehan qui a statué, la semaine dernière, que la Couronne n’était pas parvenue à prouver hors de tout doute raisonnable que la femme n’ait pas consenti à avoir une relation sexuelle avec Bassam Al-Rawi.

Affirmant n’avoir aucune expérience à titre d’organisatrice, Elise MacIntyre, une mécanicienne âgée de 27 ans, explique avoir été si émue par les témoignages et par les remarques du juge affirmant qu’une «personne ivre peut être en mesure d’accorder son consentement» qu’elle a décidé d’organiser cette activité.

Son objectif était d’aider d’autres personnes à remplir une plainte formelle auprès de la juge en chef de la Cour provinciale de la Nouvelle-Écosse pour demander une révision de la décision du juge Lenehan — et sa révocation pure et simple.

Une porte-parole de la juge en chef a confirmé vendredi qu’une plainte allant dans ce sens avait déjà été déposée.

Le chauffeur de 40 ans avait été accusé d’agression sexuelle en mai 2015 lorsque la police a trouvé la femme, dans la vingtaine, ivre-morte sur la banquette arrière du taxi, les jambes remontées sur les sièges avant, nue de la taille aux pieds.

«Comment puis-je regarder mes jeunes élèves et leur dire que si elles sont agressées, elles doivent le dire à quelqu’un ?, s’est demandé Sarah Bezanson, une enseignante d’une école secondaire du premier cycle. Quand le système abandonne (une victime) de cette façon, on a tendance à se dire: ‘pourquoi s’en soucier’.»

Chaque participante à l’activité de Mme MacIntyre a écrit une plainte personnelle qui sera envoyée à la juge en chef qui doit normalement les confier à un comité composé de juges, d’avocats et de non-spécialistes. Dans ce cas-ci, elle a dû se récuser du processus parce qu’elle est l’ancienne femme du juge Lenehan.

Sarah Hicks s’est présentée à la bibliothèque dans l’espoir d’ajouter des signatures à une pétition qui sera envoyée à la ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse. Selon elle, la présumée victime a été trahie deux fois: une fois par le chauffeur du taxi à qui elle faisait confiance pour être ramenée chez elle en toute sûreté et par le processus judiciaire qui ne lui a pas fait justice.

Deux manifestations sont prévues la semaine prochaine à Halifax.

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