MONTRÉAL — Le Collectif 8 mars s’est rendu manifester devant le bureau montréalais du premier ministre Philippe Couillard, mardi, et il n’a pu le rencontrer, pas plus que la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, qui est en voyage à l’étranger.

La présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole du collectif, Mélanie Sarazin, s’est dite déçue de n’avoir pu leur porter en personne les revendications des groupes de femmes, à la veille du 8 mars, journée internationale des femmes.

Elle a pu entrer à l’intérieur de l’édifice, mais seule, et a simplement rencontré une émissaire du bureau du premier ministre, qui est venue chercher la liste de revendications, a-t-elle déploré en entrevue sur place. Et elle assure qu’elle avait prévenu «depuis plusieurs semaines» le bureau du premier ministre de la volonté des groupes de femmes de le rencontrer.

«Il dit qu’il ne peut nous rencontrer ou il n’a pas le temps ou notre demande est trop rapide», a-t-elle rapporté.

Mme Sarazin y voit un message qui la désole: «le gouvernement ne prend pas l’égalité au sérieux».

Sur place, les groupes de femmes ont notamment protesté contre le fait que les compressions budgétaires répétées dans les services publics ont eu un effet plus marqué chez les femmes, notamment dans les services de garde et les soins de santé et services sociaux.

En entrevue, Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a dit que «quand on regarde le saccage des services à la petite enfance et les milliards de dollars de compressions en éducation et en santé, c’est sûr que les femmes écopent doublement, à la fois sur l’emploi et sur leurs conditions de travail et aussi sur leurs conditions de vie».

Elles ont aussi déploré le fait que les femmes sont encore loin d’atteindre l’égalité salariale avec les hommes. Encore lundi, l’Institut de la statistique du Québec révélait que les femmes ont gagné en 2016 88,6 pour cent du salaire des hommes, comparativement à 86,6 pour cent en 2006 — donc une croissance plutôt lente sur 10 ans.

De même, le fait que le salaire minimum à 10,75 $ l’heure ne sera pas haussé de façon suffisante, le 1er mai, puisqu’il sera haussé à 11,25 $, pénalise davantage des femmes, selon elles.

«Lorsqu’on a accès à la syndicalisation et qu’on est capable de négocier des conditions de travail avec des salaires décents, il y a des avantages. Cependant, on est très loin d’un salaire décent lorsqu’on est au salaire minimum, avec des conditions précaires. Et ce sont majoritairement des femmes», a déploré en entrevue, sur place, Véronique De Sève, troisième vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

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