OTTAWA — Pétition, projet de loi et pressions politiques ne vont pas convaincre le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, de revoir la loi sur l’aéronautique.

Le ministre Garneau a rappelé mardi que les tribunaux ont confirmé qu’Ottawa seul peut décider d’approuver ou non la construction d’un nouvel aéroport. Citant comme exemple le projet d’aérodrome de Mascouche, le ministre a assuré que le processus qu’il a utilisé pour donner le feu vert à cette construction n’a pas besoin d’être modifié.

Une pétition et un projet de loi qui sera déposé mercredi réclament tous deux que les projets de construction d’aérodromes soient soumis à une consultation menée par un tiers parti. Les signataires de la pétition demandent aussi que les lois québécoises d’évaluation environnementale soient appliquées.

Le citoyen qui a lancé la pétition, Rohan Pointer, le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, les députés bloquistes Luc Thériault et Michel Boudrias, ainsi que la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau, qui déposera le projet de loi cette semaine, ont tenu un point de presse conjoint mardi matin pour tenter de faire plier le ministre Garneau.

«C’est une juridiction fédérale. La Cour suprême a statué sur ça en 2010», a tranché le ministre Garneau quelques heures après le point de presse.

«Dans le cas de Mascouche, au mois de mars dernier, j’ai émis un arrêté ministériel pour qu’il y ait un processus de consultation. Il y en a eu un», a-t-il rappelé.

Cette consultation a été menée par le promoteur du projet.

«Cette procédure est complètement farfelue. Ce serait comme si le gouvernement demandait à McDonald’s de se prononcer sur l’arrivée de la malbouffe dans les écoles. Il y a un conflit d’intérêts majeur», a fait valoir M. Pointer pendant son point de presse.

«Ça a été fait par le promoteur. Mais à mon avis, (…) les intérêts de la communauté ont été adressés», a dit le ministre Garneau, ajoutant qu’il a évalué ainsi l’intérêt public, en plus de la question de sécurité, pour décider qu’il est «acceptable de bâtir ce deuxième aérodrome qui est à deux kilomètres de l’ancien aérodrome».

«On est en 2017 et les décisions doivent être prises en collaboration avec les communautés locales», a réclamé le député Thériault, insistant pour que la loi fédérale soit amendée afin qu’elle tienne compte des lois québécoises et des évaluations environnementales qu’elles prévoient.

«Si on est parti de Mascouche pour venir ce matin, c’est peut-être parce qu’il y a un ministre qui n’est jamais parti d’Ottawa pour venir à Mascouche», a reproché, pour sa part, le maire Tremblay.

La députée Brosseau a pour sa part promis de ne pas baisser les bras. «On ne lâche pas. Je dis aux citoyens qui se mobilisent: on n’est pas derrière vous, on est à vos côtés», a-t-elle assuré.

Le cas de l’aérodrome de Mascouche a été entendu par les tribunaux. On attend un jugement de la Cour d’appel du Québec.

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