Adrian Wyld / La Presse Canadienne Erin O'Toole.

OTTAWA — Le député Gérard Deltell a finalement choisi celui qu’il juge le mieux placé pour diriger les troupes conservatrices: il mise sur Erin O’Toole.

L’appui du député québécois, qui s’est rapidement bâti une solide réputation depuis son arrivée sur la colline à Ottawa, était fortement sollicité.

En conférence de presse à Ottawa, vendredi matin, Gérard Deltell a longuement vanté le passé militaire du candidat à la chefferie.

Il a d’ailleurs soutenu que cet atout avait pesé lourd dans sa décision de jeter son dévolu sur Erin O’Toole plutôt que sur les autres prétendants au poste.

«Quand je parle de l’engagement militaire de M. O’Toole, c’est sûr que pour moi, ça vient me chercher personnellement. C’est un avantage majeur que quelqu’un ait servi dans les Forces armées», a-t-il lâché.

L’élu de Louis-Saint-Laurent est le premier membre de la députation du Québec à se ranger derrière Erin O’Toole.

Le français du candidat de l’Ontario est toujours assez hésitant, mais Gérard Deltell l’a présenté comme «parfait», voire «éblouissant», en conférence de presse.

«Tous les Québécois savent que ceux qui sont anglophones, qui font l’effort de parler français, qui prennent le temps de parler français correctement, (…) ça commande le respect», a-t-il offert.

«Moi je ne connais pas de Québécois qui disent: ‘Ça me prend quelqu’un qui parle sans accent et tout ça’. Non», a tranché M. Deltell.

Le candidat qui a rallié le plus d’appuis au sein de la députation du Québec est l’ancien président de la Chambre des communes Andrew Scheer. Il a convaincu Pierre Paul-Hus, Alain Rayes, Sylvie Boucher et Luc Berthold de se joindre à lui.

Le Beauceron Maxime Bernier en a quant à lui rallié deux, soit Alupa Clarke et Jacques Gourde.

M. Deltell n’a pas spécifié pour quelle raison en tant que Québécois, il avait choisi de ne pas mettre sa notoriété au service de son compatriote de la Beauce, alors que ce dernier est pourtant l’un des meneurs dans les sondages et que ses coffres sont, en plus, très bien garnis.

Surtout qu’avec le mode de scrutin qui permettra d’élire le prochain chef conservateur, la province jouera un rôle important, chacune des 338 circonscriptions au pays — il y en a 78 au Québec — ayant le même poids peu importe le nombre de membres qu’elle compte.

Est-ce la position de Maxime Bernier sur l’abolition de la gestion de l’offre qui a joué dans la balance? Gérard Deltell n’a pas voulu le dire, se contentant de dire qu’il a «beaucoup de respect» pour son collègue même s’il a «des points de vue différents sur certains enjeux».

Erin O’Toole, de son côté, jouit de l’appui de plus de 20 députés du caucus conservateur. En revanche, il est à la traîne dans les sondages.

Mais avec un mode de scrutin préférentiel, un candidat plus consensuel qui fait campagne avec des propositions beaucoup moins tranchées que certains — Kellie Leitch avec l’immigration — ou avec moins d’artifices qu’un Kevin O’Leary, par exemple, pourrait réserver des surprises.

Son nouvel allié québécois se défend d’avoir choisi stratégiquement une personne qui pourrait s’avérer le deuxième choix d’un important bassin de militants et remporter la victoire en mai prochain. «Écoutez, moi, je travaille pour le premier choix, point à la ligne», a lâché M. Deltell.

De son côté, Erin O’Toole a souligné que « les deuxièmes et troisièmes choix vont être très importants» dans le choix du prochain chef. Et il prédit qu’avec les règles «un peu bizarres» de cette élection, il faudrait possiblement quatre tours pour désigner un gagnant.

La course à la chefferie du Parti conservateur compte au total 14 candidats. Le successeur de Stephen Harper à la barre de la formation sera connu le 27 mai prochain.

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