OTTAWA — Le président du plus grand syndicat du secteur privé du Canada dit qu’il s’opposera à toute tentative de recul sur la réglementation environnementale touchant l’industrie automobile, au lendemain de l’annonce du président américain Donald Trump que son administration révisera les critères nationaux régissant l’efficacité énergétique des nouveaux véhicules aux États-Unis.

Jerry Dias, président d’Unifor, qui représente les travailleurs canadiens du secteur de l’automobile, a traité M. Trump de «climato-sceptique» qui n’a aucun espoir de renverser la réglementation mise en place par l’administration Obama.

«Je suis incapable de dire où sa tête est. Le monde s’en va dans une direction et lui se dirige dans le sens contraire, a déploré M. Dias. On doit parvenir à un certain équilibre parce qu’il est évident que nous allons devoir avoir une sérieuse conversation avec les compagnies automobiles parce qu’elles sont en train de célébrer.»

Selon lui, le président américain devra surmonter d’importants obstacles s’il veut que les changements qu’il compte apporter entre en vigueur. Ceux-ci nécessiteront des consultations qui pourront s’étendre sur plusieurs années.

L’Agence de protection environnementale (EPA) devra décider d’ici le mois d’avril 2018 quelles seront les normes pour la période 2022-2025.

«Il est aussi difficile de changer ce genre de réglementation que de faire virer un pétrolier dans un canal», a-t-il soutenu.

La Californie, dont l’économie est la plus importante des États-Unis, a promis de s’opposer judiciairement à toute modification de la réglementation.

Front commun

L’Ontario va donner son appui à la Californie, a annoncé le ministère de l’Environnement de la province, jeudi.

La province canadienne la plus populeuse, qui espère se joindre au marché du carbone lancé par le Québec et la Californie, l’an prochain, s’engage à coopérer «au niveau étatique» aux mesures visant à lutter contre les changements climatiques, a affirmé un porte-parole du ministère, Gary Wheeler, par courriel.

«Sur les questions importantes d’un point de vue environnemental et celles d’intérêt commun, l’Ontario continuera d’établir des relations avec nos partenaires au niveau étatique. Cela comprend notre collaboration avec la Californie par l’entremise du Western Climate Initiative et notre intention d’intégrer notre marché du carbone, a déclaré M. Wheeler. C’est important pour toutes les juridictions comme l’Ontario, la Californie et le Québec, de travailler ensemble pour lutter contre les changements climatiques.»

La chef du Parti Vert, Elizabeth May, estime elle aussi que M. Trump fera face à une longue bataille. Selon elle, il serait normal que l’Ontario et la Californie se tendent la main pour combattre l’actuelle administration américaine.

«Si la Californie lève le gant, c’est une population et une économie équivalentes à celle du Canada», a-t-elle fait observer.

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