Une école primaire de la communauté Atikamekw de Manawan a dû être fermée temporairement après que des élèves eurent ressenti des malaises en raison d’odeurs qui semblent être liées à la vétusté du bâtiment. Les jeunes ne pouvant être redirigés dans un autre établissement scolaire situé à proximité, ils se retrouvent privés de cours.

La décision vient de la direction des services éducatifs de la communauté de Manawan, située dans la région de Lanaudière, et a été prise par mesure préventive, précise-t-on dans un communiqué du conseil de la Première Nation.

Le recours à des roulottes a été envisagé pour que les 430 élèves de l’école Simon P. Ottawa puissent continuer à aller en classe. La communauté ne dispose d’aucun autre établissement d’enseignement primaire sur son territoire et la relocalisation est une tâche complexe, a expliqué la directrice des services éducatifs de la localité, Annette Dubé, en entrevue avec La Presse canadienne.

Une enquête a été lancée par le service de l’aménagement communautaire de Manawan et par son service d’incendie pour identifier la cause des odeurs incommodantes constatées à l’école primaire Simon P. Ottawa.

La présence de mazout est soupçonnée, a précisé Mme Dubé, mais de premiers tests menés vendredi par la firme MHV en services d’hygiène industrielle ont déjà indiqué que la situation ne comporte aucun risque pour la santé des élèves et du personnel de l’école.

La directrice des services éducatifs s’est dite soulagée de cette conclusion, mais le rapport final de la firme est toujours attendu pour rouvrir les portes de l’établissement.

Des pistes de solution pour remédier à la situation seront proposées dans le document qui devrait être déposé dans les prochains jours, a-t-elle ajouté.

Mme Dubé a indiqué que la présence de mazout — si elle se confirme — pourrait être liée à de travaux en cours dans l’école primaire touchée.

«Ils sont (notamment) en train d’installer une génératrice parce qu’on a des problèmes de pannes d’électricité dans notre communauté et avec les mesures d’urgence, ils ont décidé d’installer une génératrice.»

Le Conseil des Atikamekw de Manawan souligne toutefois que la vétusté de cet établissement scolaire n’est pas un problème nouveau, soutenant que des démarches «infructueuses» ont été entamées il y a près de 10 ans.

Le chef du conseil, Jean-Roch Ottawa, exhorte ainsi la ministre fédérale des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, à «pren(dre) des mesures immédiates» pour faire débloquer le dossier, affirmant dans un communiqué qu’«il n’y a aucun doute possible quant à la fin de durée de vie utile de (l’)école primaire».

Plusieurs études ont mis en lumière l’insalubrité des installations en question et l’échec de son administration «de se conformer aux exigences et obligations du programme scolaire en vigueur», souligne par ailleurs le conseil de la communauté.

Puisqu’aucune autre école primaire ne peut accueillir les élèves de l’établissement Simon P. Ottawa, les élèves ont été appelés à rester à la maison le temps que la direction des services éducatifs de la communauté soit en mesure d’écarter tout risque pour leur santé. Certains se sont plaints de nausées, de maux de tête et d’étourdissements.

«Cette situation serait inacceptable dans n’importe quelle autre ville ou municipalité au Canada, a déclaré le chef Ottawa. Pourtant, malgré nos demandes répétées et les belles promesses du gouvernement du Canada (…), nos enfants continuent de faire les frais de ce laxisme.»

Note aux lecteurs: 3e PARA: La directrice des services éducatifs de la localité se nomme Annette Dubé. Dans la version précédente, nous avions écrit Annie Dubé.

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