SAINT-JÉRÔME, Qc — La 12e et dernière présumée victime de Bertrand Charest a raconté vendredi avoir vécu un harcèlement constant et avoir dû repousser quotidiennement les avances de l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest, et ce, sur une période de plusieurs mois.

Le témoignage d’Amy (nom fictif) par visioconférence, au palais de justice de Saint-Jérôme, est venu clore la preuve de la Couronne qui aura fait entendre 22 témoins en tout.

«C’était un harcèlement constant. (…) Avoir à refuser des avances à tous les jours, ça me stressait, ça me rendait folle», a-t-elle déclaré.

La jeune femme a raconté avec beaucoup d’aplomb que l’entraîneur lui caressait constamment les seins, souvent devant les autres membres de l’équipe de ski, et qu’il l’avait affublée d’un surnom dégradant et humiliant lié à son physique.

«Je lui disais d’arrêter», s’est-elle remémorée, ajoutant que les autres skieuses de l’équipe lui disaient qu’elle réagissait trop fortement.

À un certain moment, alors qu’elle se trouvait chez lui, Bertrand Charest lui aurait donné un massage qui s’était transformé en caresses sur les seins et en longs baisers, un incident qui a été interrompu par un appel téléphonique au grand soulagement de la jeune femme. «Une chance parce que je ne sais pas jusqu’où ça aurait pu aller», a-t-elle dit.

Amy était alors âgée de 17 ans.

Outre les avances constantes, l’accusé l’aurait systématiquement invitée à sa chambre à tous les soirs où les deux dormaient dans le même édifice.

«J’avais peur qu’il fasse quelque chose durant la nuit», a-t-elle dit.

Amy a dit s’être sentie particulièrement vulnérable parce que Bertrand Charest avait soutenu financièrement sa participation à l’équipe de ski, mais elle a toujours réussi à résister à ses avances.

Bertrand Charest, aujourd’hui âgé de 51 ans, fait face à 57 chefs d’accusation, notamment d’agression sexuelle et d’abus de confiance, envers 12 plaignantes qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 1990.

La défense commencera à faire entendre des témoins lundi.

L’un des avocats représentant Bertrand Charest, Jacky-Éric Salvant, a répété que la décision de faire témoigner son client n’était pas encore prise et ne le serait qu’en fin de semaine.

Me Salvant n’a pas précisé combien de témoins seront appelés à la barre en défense, mais il n’a pas écarté la possibilité de faire témoigner des proches de l’accusé ou d’anciens skieurs.

«On a une liste de témoins. On va voir les meilleurs qu’on va utiliser pour notre stratégie», a-t-il dit aux journalistes à l’issue de l’audience.

Me Salvant semblait toutefois confiant de pouvoir faire des brèches dans la théorie de la Couronne.

«C’est une preuve correcte (mais) il y a quand même des trous. Nous, on a vu des trous et on va voir ce qu’on peut exploiter à travers ça», a-t-il déclaré.

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