Karine Dufour/ICI Radio-Canada Télé Marc Brière, Pascal Bérubé, Caroline Duval et Christian Legault

Le ministère des Transports du Québec a failli à sa tâche en laissant des automobilistes coincés durant des heures sur l’autoroute 13 mardi dernier, croit le chroniqueur à la circulation au 98,5 FM, Marc Brière.

«Je n’ai jamais vu un cafouillage de la sorte se reproduire. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce ministère», a-t-il déclaré sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche.

Pour le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Sécurité publique, Pascal Bérubé, la chaîne de commandement a été déficiente au niveau du ministère. «Je ne sais pas qui n’a pas donné l’information à qui, mais les ministres n’étaient pas informés. Pour une cellule de crise, ça prend un ministre, a mentionné le député du Parti québécois. Ça ne nous rassure pas sur les chaînes de commandement en cas de crise.»

Selon M. Brière, rendu à une urgence telle, il faut «penser en dehors du protocole». «Après 10-12 heures, ce n’est plus une situation exceptionnelle, c’est une situation d’urgence», a-t-il laissé tomber.

C’est justement en ne respectant pas le protocole que le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a agi, en allant secourir les automobilistes qui avaient passé la nuit sur l’autoroute. «Sur l’autoroute, c’est le gouvernement provincial qui décide. Nous, on est là en soutien. Il faut attendre leur go, a rappelé le responsable des communications au SIM, Christian Legault, également présent sur le plateau. Vers 4h30, sans avoir eu de nouvelle de la Sûreté du Québec, [les pompiers y] sont allés de leur propre chef.» M. Legault a soutenu que les pompiers sont davantage habitués à des situations dangereuses d’urgence que d’autres services. «On est habitués au chaos. Le désordre, c’est notre quotidien», a-t-il dit.

Malgré tout le cafouillage, l’automobiliste Caroline Duval, qui a été bloquée des heures sur l’autoroute 13 Sud, a retenu un grand élan de solidarité des citoyens dans cet événement. «Des gens qui ont entendu que je n’avais plus d’essence m’ont proposé de m’accueillir pour me réchauffer avec ma fille de six ans dans leur voiture. J’ai vu un homme distribuer des barres tendres à tout le monde», a-t-elle raconté.

Mme Duval n’a pas abandonné sa voiture comme d’autres personnes l’ont fait et a failli manquer d’essence. «Je l’ai dit à un policier qui m’a répondu: “Je ne sais pas quoi vous dire. Le mieux que vous pourriez faire est d’appeler quelqu’un pour vous donner de l’essence par la 13 Nord, à travers les colonnes. Je sais que c’est dangereux, mais il n’y a pas vraiment d’autre solution”», a-t-elle relaté.

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