Sean Kilpatrick La ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef.

OTTAWA — Les juges et les agents de la police fédérale devraient tous suivre une formation obligatoire pour se sensibiliser à la violence faite aux femmes et aux agressions sexuelles, estime le comité permanent de la condition féminine des Communes.

Le comité a entendu depuis un an une centaine de témoins, qui sont venus recommander des mesures que le gouvernement fédéral pourrait adopter afin de réduire la violence faite aux femmes et aux filles.

«Pour beaucoup de jeunes femmes et de filles au Canada, la possibilité de participer de façon égalitaire à la société et d’exercer leur droit de mener une vie réussie et bien remplie peut être entravée par des actes de violence sexiste», note d’entrée de jeu le comité multipartite, dans son rapport déposé lundi.

Le comité recommande notamment qu’Ottawa travaille de concert avec les provinces et territoires afin d’obliger les collèges et universités à offrir sur leur campus des centres de soutien pour les victimes d’agression sexuelle. On propose aussi d’évaluer la nécessité d’inclure expressément dans le Code criminel la notion de cyberviolence et de harcèlement en ligne, dans les limites de la liberté d’expression garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

La présidente du comité, la députée conservatrice Marilyn Gladu, a souligné que le rapport évoque la question de la «culture du viol», qui peut entraver la démarche des victimes d’agression sexuelle, notamment au sein même du système judiciaire.

La recommandation sur la formation des juges rejoint l’intention générale de la chef intérimaire du Parti conservateur. Dans un projet de loi d’initiative parlementaire, Rona Ambrose propose d’obliger les nouveaux juges à suivre une formation pour les sensibiliser à la violence faite aux femmes et aux agressions sexuelles.

La ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, devrait déposer au cours des prochaines semaines la stratégie de son gouvernement en matière de violence sexiste. Elle a déjà laissé entendre que cette stratégie proposerait des mesures pour prévenir la violence et pour soutenir les victimes, mais aussi pour améliorer le système judiciaire.

La députée néo-démocrate Sheila Malcolmson, vice-présidente du comité des Communes, a précisé que son parti, dans une annexe au rapport, demande au gouvernement de faire un pas de plus en élaborant une stratégie nationale qui impliquerait les provinces et territoires.

Plusieurs organismes réclament une telle stratégie nationale, afin de rendre universels les divers services de soutien aux victimes.

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