Mathias Marchal

Atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec passe par l’électrification des transports et l’innovation. Mais la tâche sera ardue, prévient l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, qui pilote la formation d’une grappe industrielle des véhicules électriques et intelligents officialisée lundi.

Cette grappe industrielle présentera son dossier d’affaires le 10 avril prochain au cours d’un forum consultatif qui se tiendra à Montréal. «Nous avons un écosystème fort, mais nous avons besoin d’une meilleure concertation pour répondre aux enjeux», a déclaré lundi la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade. Cette dernière a précisé que le Québec comptait déjà une centaine d’entreprises oeuvrant directement dans les secteurs des véhicules électriques et des véhicules innovants.

«Depuis 1990, on a réduit nos émissions de GES de 8%. Là, il reste seulement quatre ans pour les diminuer d’un autre 10%. C’est énorme et ça passe inévitablement par des réductions dans le domaine qui produit le plus d’émissions: les transports», a souligné M. Taillefer.

En mêlée de presse, l’homme d’affaires a notamment souligné que le gouvernement devait se doter de cibles ambitieuses d’achat de véhicules électriques. «Mais il ne faut pas juste remplacer les autos à essence par des autos électriques, il faut revoir la mobilité au complet», a-t-il ajouté, en mentionnant la nécessité d’assouplir la règlementation pour multiplier le nombre de projets pilotes.

Un avis partagé par Jean-François Barsoum, qui est spécialiste des systèmes de transport intelligent chez IBM. «L’important pour la filière, ce n’est pas les aides financières des gouvernements, c’est plutôt de libérer la règlementation, comme l’a fait l’Ontario, pour permettre aux constructeurs de véhicules innovants de pouvoir tester leurs véhicules en milieu mixte pour amener de gros joueurs au Québec», a-t-il souligné à Métro, en marge de l’annonce.

Une règlementation plus souple permettrait, selon lui, de tester les véhicules sans chauffeurs pour relier l’aéroport à ses stationnements, connecter le casino avec le Vieux-Port ou mieux desservir les gares de train de banlieue à Laval, a-t-il donné comme exemple.

La création de la grappe industrielle des véhicules électriques et intelligents ne signifie pas pour autant que le Québec pourrait devenir un constructeur de voitures autonomes. «Pour le Québec, l’opportunité se situe plutôt au niveau des marchés de niche, tels que les autobus scolaires électriques, le camionnage ou de petits autobus légers», a dit M. Barsoum.

Des PPP en TC
L’homme d’affaires, Alexandre Taillefer, croit que des partenariats entre les secteurs privé et public sont possibles en transport en commun.

  • Des compagnies de taxi pourraient ainsi reprendre certaines lignes d’autobus non rentables, a lancé comme idée M. Taillefer.
  • L’entreprise américaine Uber fonctionne déjà ainsi avec certaines sociétés de transport aux États-Unis. Celle-ci devrait être écartée des partenariats en transport en commun, a mentionné M. Taillefer, puisqu’elle contribue à la précarité du travail en faisant appel à des travailleurs autonomes.

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