THE CANADIAN PRESS Bertrand Charest lors de son procès.

SAINT-JÉRÔME, Qc — L’un des principaux témoins de la défense au procès pour agressions sexuelles de l’ex-entraîneur Bertrand Charest a admis mardi, lors de son contre-interrogatoire, que ses liens avec l’accusé étaient plus profonds qu’il l’avait laissé entendre plus tôt lorsqu’il a livré son témoignage.

Régis Nivoix était directeur de l’association régionale de ski alpin qui avait embauché M. Charest pendant les saisons de ski de 1992 et 1993 pour entraîner un groupe de jeunes athlètes.

L’entraîneur était certes dur avec ses skieuses, mais il était aussi organisé et discipliné — «il savait où il s’en allait», a estimé M. Nivoix.

M. Nivoix est le deuxième témoin appelé à la barre par la défense au procès de Bertrand Charest, qui fait face à 57 chefs d’accusation, notamment d’agressions sexuelles, envers 12 plaignantes âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 1990. L’ex-entraîneur de ski, aujourd’hui âgé de 51 ans, est aussi accusé d’abus de confiance puisqu’il était alors en situation d’autorité face à ses présumées victimes.

Les plaignantes soutiennent que l’accusé les a agressées sexuellement alors qu’il était leur entraîneur avant et pendant son passage au programme de développement de l’équipe féminine de ski à l’organisme national Canada Alpin, de 1996 à 1998.

M. Nivoix a assuré qu’il n’avait jamais reçu de plaintes ou même entendu de rumeurs concernant des agressions sexuelles qui auraient été commises par l’accusé avant 1998.

Lorsque Bertrand Charest a été congédié en 1998, le témoin a assuré qu’il ne connaissait pas l’ampleur des allégations qui pesaient contre lui. Il a ajouté qu’il n’avait pas de lien personnel avec l’accusé et que leurs relations étaient strictement professionnelles.

Pendant son témoignage, il n’a toutefois pas mentionné qu’il avait été avocat de M. Charest après qu’il eut été remercié en 1998.

M. Nivoix a dit qu’il avait rencontré l’accusé en personne pour réviser les documents entre l’année 2000 et son arrestation en 2015. Il a aussi avoué qu’il lui avait rendu visite en prison «environ cinq ou six fois» pour consulter des documents qui n’étaient pas liés à son arrestation.

La procureure de la Couronne, Caroline Lafleur, lui a soutiré d’autres aveux sur sa relation professionnelle avec M. Charest.

M. Nivoix aurait rempli deux mandats comme avocat pour représenter la compagnie de vitres de M. Charest. Régis Nivoix a affirmé l’avoir vu environ quatre fois entre 2000 et 2015. Des registres de prison démontrent qu’il a rendu visite à M. Charest dix fois entre juillet 2015 et février 2016.

Plus tôt dans son témoignage, M. Nivoix avait expliqué pourquoi il avait embauché l’accusé. Il a indiqué qu’à cette époque, au début des années 1990, on voulait former au Québec une élite en ski alpin capable de se hisser aux plus hauts sommets à l’échelle nationale et internationale. Le Québec avait déjà perdu le siège social de l’organisme canadien de ski amateur et le milieu québécois souhaitait regagner un peu de son honneur perdu, a indiqué le témoin. Or, Bertrand Charest a été le seul candidat qui, en entrevue, a précisé comment il y parviendrait.

Régis Nivoix a expliqué au tribunal que sa propre fille avait habité pendant deux ans à l’école de ski fondée par Bertrand Charest à Saint-Jovite, dans les Laurentides, au milieu des années 1990. Le témoin a raconté au juge qu’il avait visité plusieurs fois cette école — une vaste demeure où habitaient en pension une dizaine d’athlètes —, et que l’atmosphère y était chaleureuse et amicale. Sa fille ne lui a jamais parlé non plus d’un quelconque comportement déplacé de l’accusé, a-t-il dit.

L’une des athlètes à cette école de ski a témoigné plus tôt au procès que M. Charest était allé la chercher dans cette maison pour l’amener chez lui et avoir des relations sexuelles.

La défense présentera son troisième témoin mercredi matin.

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