Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — La commissaire au commerce de l’Union européenne est contente de pouvoir compter sur Justin Trudeau et son image à l’international dans la lutte contre les forces du populisme anti-commercial.

Mais ces jours-ci, Cecilia Malmstrom reprend le mantra d’une autre célèbre Canadienne — la légendaire chanteuse Joni Mitchell — dans ses efforts contre le protectionnisme et les sentiments isolationnistes qui s’agitent à travers le monde dans la foulée de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne et de l’élection du président américain Donald Trump.

«Des événements comme le Brexit, comme l’élection de M. Trump, qui créent de l’incertitude dans le monde, sont aussi une façon de nous regrouper un peu plus, et ils nous forcent à aiguiser notre pensée par rapport à ce que nous avons et ce que nous pourrions perdre», a affirmé mardi Mme Malmstrom.

«On ne sait pas ce qu’on a tant qu’on ne risque pas de le perdre — ce n’est pas tout à fait ça, mais vous comprenez ce que je veux dire.»

Mme Malmstrom — en visite à Ottawa pour rencontrer le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland — reprenait ainsi, à quelques mots près, les paroles du succès de 1970 «Big Yellow Taxi», de Joni Mitchell.

Mais les manifestations de populisme sont peut-être en train de s’essouffler, a estimé la commissaire en soulignant la récente défaite du politicien anti-Islam Geert Wilders, aux Pays-Bas, ainsi que celle, en décembre, d’un candidat d’extrême-droite en Autriche.

En attendant, une autre grande élection pose une menace existentielle à l’Union européenne: le scrutin présidentiel français, auquel participe Marine Le Pen, candidate du Front national, un parti d’extrême-droite.

«Les idées défendues par Mme Le Pen et son parti ne sont pas seulement anti-commerce, elles sont antimondialisation, anti-immigration, et anti la plupart des valeurs que la majorité d’entre nous défendons», a-t-elle déclaré aux journalistes, à l’ambassade de l’Union européenne à Ottawa.

«Alors cela serait une vraie menace pour l’Union européenne dans son ensemble.»

Pendant ce temps, la popularité de l’Union européenne grimpe dans les sondages, et des manifestations contre le populisme ont eu lieu en Allemagne. Une autre de ces manifestations est prévue à Rome plus tard cette semaine, a-t-elle noté.

Selon M. Malmstrom, le fait de pouvoir citer en exemple l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne livre un solide message. La commissaire s’attend à ce que l’Accord économique et commercial global (AECG) soit ratifié par le Canada dans les prochaines semaines. Le Parlement européen l’a déjà fait le mois dernier.

Même si l’AECG devra toujours obtenir l’approbation des 28 pays membres de l’UE et de 10 gouvernements régionaux, Mme Malmstrom a indiqué que son application provisoire — qui débutera au moment de la ratification du Canada — fera en sorte qu’environ 95 pour cent de l’entente seront immédiatement en vigueur. Environ 98 pour cent des tarifs en place devraient alors tomber en même temps.

Selon Mme Malmstrom, l’AECG devrait devenir un exemple des bienfaits du libre-échange face au protectionnisme de l’administration Trump à Washington.

L’Europe considère déjà que le premier ministre Justin Trudeau pourrait avoir un effet positif sur M. Trump, après sa visite à Washington le mois dernier, a ajouté Mme Malmstrom. Sur son continent, les libéraux de M. Trudeau sont «perçus comme un gouvernement frais, qui a des valeurs. Ils ont pris certaines décisions vraiment courageuses sur le commerce et sur l’ouverture aux réfugiés syriens».

Selon la commissaire, la rencontre entre MM. Trump et Trudeau a eu deux utilités: préserver «les intérêts canadiens vis-à-vis des États-Unis, mais aussi certains des intérêts mondiaux».

Malgré la rhétorique anti-commerce du président américain, Mme Malmstrom a toujours bon espoir de voir une entente de libre-échange entre l’UE et les États-Unis, puisque M. Trump n’a pas encore déclaré que les négociations étaient officiellement abandonnées. En comparaison, M. Trump n’a pas hésité à retirer officiellement son pays du Partenariat Transpacifique dès le mois de janvier.

«Ce n’est pas vraiment sur leur radar pour l’instant.»

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