Félix O. J. Fournier/TC Media Au moins 300 véhicules ont été immobilisés pendant des heures, dans le froid, faute de secours sur l'autoroute 13 Sud.

QUÉBEC — La gestion chaotique de la tempête de neige survenue la semaine dernière n’empêche pas le premier ministre Philippe Couillard d’exonérer de tout blâme les deux ministres responsables, Martin Coiteux et Laurent Lessard.

Le ministre de la Sécurité publique et celui des Transports n’ont rien à se reprocher, ayant pleinement assumé leurs responsabilités respectives à cette occasion, a estimé le premier ministre lors d’une mêlée de presse, mardi.

Il n’a donc pas attendu les conclusions de l’enquête externe sur les événements, commandée à l’ex-sous-ministre des Transports Florent Gagné, pour se faire une idée sur la question.

«Ni l’un ni l’autre ministre n’ont été avertis de la situation, et de l’ampleur de la situation», a expliqué M. Couillard pour justifier sa position, disant croire que la population partageait sa lecture des faits.

«Aucun d’entre eux n’a manqué à ses responsabilités», a-t-il tranché, en parlant de MM. Coiteux et Lessard.

Depuis une semaine, la responsabilité ministérielle de MM. Coiteux et Lessard est pointée du doigt par les partis d’opposition, qui réclament la démission de M. Lessard, et par des citoyens ayant subi directement les conséquences néfastes de la tempête de neige, qui a fait au moins cinq morts.

Des ratés dans la chaîne de commandement et dans la coordination des mesures d’urgence, nommément au ministère des Transports et à la Sécurité publique, ont causé des ennuis et des angoisses à des centaines de citoyens piégés par la tempête sur des routes enneigées transformées en stationnements.

Notamment, sur l’autoroute 13 Sud paralysée par la tempête, au coeur de l’île de Montréal, au moins 300 véhicules ont été immobilisés pendant plusieurs heures, dans le froid, faute de secours, dans la soirée du 14 mars et la nuit suivante.

Le premier ministre Couillard a justifié l’inaction gouvernementale par le fait que ses deux ministres n’avaient pas été prévenus à temps par les fonctionnaires de la gravité de la situation, dans la nuit du 14 au 15 mars.

Par la suite, lors d’un autre point de presse, les deux ministres se sont présentés côté à côte pour réaffirmer eux aussi que des informations essentielles sur l’état de la situation ne leur avaient pas été transmises à temps par les responsables de différents services gouvernementaux impliqués, et relevant soit de la Sécurité civile du ministère des Transports, de la Sécurité publique ou de la Sûreté du Québec (SQ).

Sur la défensive, les deux ministres ont reconnu les graves lacunes survenues dans la prise de décision sur le terrain et la transmission de l’information aux autorités politiques, au plus fort de la tempête.

Mais ils ont rejeté l’argument voulant qu’ils auraient dû eux-mêmes prendre l’initiative de s’assurer que toutes les mesures d’urgence requises étaient bien en place, compte tenu que la tempête était annoncée depuis des jours.

«Quelle est la responsabilité d’un ministre face à ça? C’est de demander des changements», a dit M. Coiteux. Il reconnaît quand même que «le ministre doit s’assurer que le ministère et les opérations sur le terrain fonctionnent adéquatement».

En constatant le cafouillage et ses conséquences le mercredi matin, le ministre Coiteux a dit avoir senti monter en lui «une colère bien ressentie». La veille, il était allé au lit en pensant que tout était sous contrôle.

L’important consiste désormais à faire en sorte que ce genre de situations ne se reproduise jamais, a-t-il insisté.

Il a rappelé les principaux gestes accomplis en ce sens depuis, comme une enquête interne menée à la SQ qui, avant même d’être complétée, vise deux officiers qui ont été relevés de leurs fonctions. Des sanctions disciplinaires ne sont d’ailleurs pas exclues.

Le ministre Lessard s’est engagé à revoir les protocoles en vigueur dans son ministère et les procédures édictées dans les situations d’urgence.

Il a aussi embauché un spécialiste en gestion de crise, Michel Doré, pour «faire un diagnostic et nous recommander des mesures». Il doit remettre son rapport avant la fin avril.

Le ministre Lessard estime que malgré toutes les lacunes observées, les gestionnaires qui ont pris les décisions controversées sont des «gens compétents». Cependant, «dans la chaîne des opérations, il y a eu un manquement».

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