OTTAWA — Le gouvernement Trudeau déposera son deuxième budget, mercredi. Voici cinq éléments sur lesquels s’attarder:

1. Est-ce que le gouvernement fournira un échéancier pour un retour à l’équilibre budgétaire?

Les libéraux ont remporté les élections en 2015 grâce à un programme promettant d’investir des milliards de dollars dans des mesures telles que les infrastructures et une allocation familiale devant insuffler une nouvelle énergie à la croissance économique. Ils prévoyaient afficher des déficits pour financer les dépenses, mais avaient promis que ceux-ci ne dépasseraient pas 10 milliards $ chaque année durant les quelques premières années de leur mandat. Les libéraux s’étaient engagés à rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2019-2020. Néanmoins, depuis la prise du pouvoir, le gouvernement libéral a reculé sur ces promesses, faisant valoir une économie plus faible que ce qui avait été anticipé. L’automne dernier, la mise à jour économique du ministre Bill Morneau projetait une série de déficits supérieurs à 10 milliards $ au moins jusqu’en 2021-2022, en commençant par un déficit de 25,1 milliards $ en 2016-2017. M. Morneau a dit surtout s’attarder à réduire le ratio entre la dette et le produit intérieur brut avant la fin du présent mandat.

2. Si le Canada continue d’enregistrer des déficits, quelle sera l’ampleur du manque à gagner?

Le ministre Morneau a projeté des déficits annuels, mais on ignore si ses prédictions ont changé depuis sa plus récente mise à jour en novembre. La situation au pays a changé significativement. L’économie canadienne a réservé une surprise dans les derniers mois de 2016, avec une croissance ayant surpassé facilement les attentes. L’élan de l’économie s’est poursuivi dans les premiers mois de 2017, avec des rendements étonnamment solides dans des secteurs clés tels que le commerce, la main-d’oeuvre et l’immobilier. Des économistes ont traduit ces indicateurs encourageants dans des projections de croissance plus robustes. Certains experts prédisent désormais des déficits moindres dans les quelques prochaines années. Un autre élément clé est l’impact potentiel des propositions économiques des États-Unis, dont plusieurs pourraient avoir des conséquences majeures pour le Canada. Néanmoins, ces éléments ont été généralement éclipsés des projections économiques car l’ordre du jour du président Donald Trump demeure incertain.

3. Est-ce que le gouvernement fédéral inclura de nouveau une réserve pour les imprévus?

Ces dernières années, les réserves pour éventualités se sont chiffrées entre 1 milliard $ à 6 milliards $ par année. L’automne dernier, le gouvernement libéral a retiré l’ajustement en fonction du risque annuel de 6 milliards $ qu’il avait mis en vigueur plus tôt en 2016 pour couvrir les problèmes inattendus. Un gouvernement peut aussi modifier l’aperçu pour le public de sa trajectoire fiscale en changeant des pratiques comptables; les chiffres sur le déficit d’Ottawa ont paru plus minces l’automne dernier après que cet ajustement eut été éliminé. Étant donné les nombreuses incertitudes à l’égard des politiques fiscales et commerciales des États-Unis, certains économistes anticipent le rétablissement par le gouvernement libéral d’une réserve pour éventualités pour offrir un coussin aux finances du Canada.

4. Quelle sera l’ampleur de la révision des dépenses fiscales?

Le ministre Morneau a lancé un examen en profondeur du système fiscal en juin dernier, ayant fait appel à sept experts devant le conseiller sur la manière de procéder. Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient promis de réaliser une vaste révision des dépenses fiscales existantes, comme moyen de trouver 3 milliards $ par année en nouveaux revenus d’ici 2019-2020. Les libéraux ont affirmé que leur objectif était de réduire les avantages fiscaux pour les plus riches. Mais depuis l’élection du président américain Donald Trump, on s’attend à ce qu’Ottawa procède avec prudence. L’administration Trump a indiqué qu’elle voulait réduire l’impôt des entreprises et des particuliers aux États-Unis, ce qui fait craindre à certains que le Canada se retrouve en déficit de compétitivité par rapport à son partenaire commercial. Des experts ont appelé le gouvernement fédéral à attendre pour voir les actions de Washington avant de mettre en vigueur des changements fiscaux majeurs au Canada.

5. Comment le budget prendra en considération les inégalités de sexe?

M. Morneau a promis d’évaluer son budget en fonction d’une analyse comparative sur le genre et de publier les résultats. Un tel outil devrait permettre d’évaluer comment une mesure budgétaire donnée pourrait avoir des impacts différents sur les hommes et les femmes, et sur les filles et les garçons. Ces analyses tiennent aussi compte de l’âge, du revenu, de l’appartenance culturelle et d’autres facteurs. L’analyse cette année doit mettre la table pour un processus plus en profondeur l’année suivante. Le ministère des Finances joue un rôle particulier dans l’analyse comparative fondée sur le genre, examinant non seulement ses propres politiques, mais comment les autres ministères évaluent les propositions budgétaires avant de les soumettre au bureau de M. Morneau.

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