OTTAWA — L’opposition à Ottawa promet de mener une lutte sans merci pour contrer la réforme de la procédure parlementaire proposée par les libéraux.

Les accusations en provenance des banquettes conservatrices et néo-démocrates ont fusé pendant la période des questions à la Chambre des communes, jeudi.

«Dictature libérale!», a crié plusieurs fois la députée conservatrice Sylvie Boucher avant de se faire rappeler à l’ordre par le président de la Chambre.

L’élue n’a pas été la seule à s’agiter pendant cette séance particulièrement houleuse.

La leader parlementaire du gouvernement en Chambre, Bardish Chagger, a passé une bonne partie de cette période des questions sur ses pieds.

Elle a notamment plaidé que les velléités libérales étaient présentées de manière «trompeuse» par les députés de l’opposition et assuré ceux-ci qu’elle était ouverte à la discussion.

C’est actuellement un dialogue de sourds auquel on assiste entre les députés qui siègent au comité chargé d’analyser le projet de modernisation du règlement de la Chambre.

Depuis mardi, les élus conservateurs et néo-démocrates y font de l’obstruction parlementaire.

Les libéraux proposent notamment dans leur réforme de revoir la demi-journée de travail du vendredi, soit en l’abolissant, soit en répartissant le temps des séances sur d’autres jours.

Ils suggèrent aussi d’instaurer une période des questions du premier ministre, à l’image de celle du Parlement britannique.

L’opposition y voit une tentative de faire en sorte que Justin Trudeau n’ait à se présenter qu’une seule fois par semaine au Parlement, ce que Bardish Chagger a nié, jeudi.

De façon plus générale, l’opposition estime que ces changements lui enlèveraient des pouvoirs et réduiraient les possibilités de demander des comptes au parti au pouvoir.

Au comité, les discussions bloquent car les élus de l’opposition exigent que tout changement à la procédure parlementaire soit adopté par consensus et non grâce à la majorité libérale.

Dépôt du budget retardé

On a eu droit mercredi après-midi, à la Chambre des communes, à une démonstration du bras de fer dans lequel sont engagés les partis.

À coup de questions de privilège et de points d’ordre, les députés conservateurs et néo-démocrates ont en effet retardé de 30 minutes le dépôt du budget fédéral.

Et à l’issue du discours du ministre des Finances, Bill Morneau, dans le foyer de la Chambre des communes, ils ont garanti que ce n’était là qu’un début.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, ont été on ne peut plus clairs là-dessus.

D’un ton sans appel, le chef du NPD a assuré que «l’ensemble des partis d’opposition» utiliseraient «tous les outils parlementaires à leur disposition pour essayer d’infléchir ce gouvernement».

Le whip du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, a regretté jeudi les tactiques procédurales auxquelles ont recours ses adversaires politiques tant en Chambre qu’en comité.

La bataille est engagée depuis mardi au comité parlementaire qui se penche sur la réforme des travaux, où les députés de l’opposition s’adonnent à de l’obstruction parlementaire.

«Nous, ce qu’on suggère, c’est d’aborder une discussion. Alors s’ils ne veulent même pas discuter, ça, c’est leur choix», a dit le whip sur les modifications au règlement que proposent les libéraux.

«On n’avance pas des éléments spécifiques, on dit qu’on va discuter. C’est une main tendue pour le faire, alors c’est à eux de décider s’ils veulent oui ou non discuter», a plaidé M. Rodriguez.

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