Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le ministre fédéral des Finances estime que l’armée canadienne dispose actuellement des moyens suffisants pour effectuer son travail adéquatement.

Dans une entrevue d’«après-budget» accordée jeudi à La Presse canadienne, Bill Morneau explique que dans le cadre de l’élaboration de la future politique de défense du Canada, son gouvernement s’interroge actuellement sur l’éventualité d’augmenter les budgets de l’armée à plus long terme. S’il garde la porte ouverte à une éventuelle hausse des budgets de la défense, le ministre Morneau croit toutefois que pour l’instant, les militaires «disposent des moyens adéquats».

Cette conclusion contredit l’avis de plusieurs analystes du secteur et de responsables au sein même du ministère de la Défense, qui soutiennent que les ressources militaires sont présentement étirées à leurs extrêmes limites.

On cite notamment des coupes franches dans l’entretien de l’équipement et dans la formation, ou encore un usage restreint de navires, d’aéronefs et autres véhicules. Ces coupes seraient attribuables aux importantes réductions budgétaires imposées par les conservateurs à partir de 2012, suivies de hausses légères qui ne suffisaient pas à suivre le rythme de l’activité militaire. On évoque ainsi les importantes missions en Irak, en Ukraine et en Lettonie, puis dans quelques mois en Afrique — en plus de responsabilités nouvelles en matière de cyberdéfense et d’aérospatiale.

M. Morneau estime tout de même que les budgets militaires «nous permettent actuellement de continuer à atteindre nos priorités en matière de défense», mais il promet de procéder à des «ajustements si nécessaire».

L’assurance de M. Morneau contraste avec les appels de Washington et de l’OTAN, qui demandent aux alliés d’augmenter leurs dépenses militaires. Interrogé jeudi à Toronto, le premier ministre Justin Trudeau a répété que la contribution d’un pays au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde ne se mesure pas seulement en termes de budget militaire.

Bill Morneau a fait écho à cet argument. Rappelant ses discussions récentes avec le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, et le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, le ministre a soutenu qu’«ils reconnaissent clairement la qualité de notre engagement».

«Ils ont souligné, en termes précis, l’impact de la mission canadienne en Afghanistan, a-t-il dit. Je pense que le Canada a la réputation de contribuer suffisamment. On continuera à le faire.»

Dans son budget déposé mercredi à Ottawa, le ministre Morneau ne fait cependant à peu près pas mention des Forces armées, si ce n’est pour annoncer que 933 millions $ en immobilisations à la Défense sont reportées de plusieurs années, tout comme des dépenses de près de 8,5 milliards $ prévues sur 20 ans.

Pour le reste, le gouvernement s’en remet à la future politique de défense du Canada, qui devrait être annoncée «au cours des prochains mois». Cette nouvelle politique devait être dévoilée plus tôt cette année, mais Ottawa a préféré en savoir plus sur les priorités de Donald Trump aux États-Unis.

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