THE ASSOCIATED PRESS

WASHINGTON — Le projet d’oléoduc Keystone XL a obtenu l’approbation du gouvernement américain, a annoncé vendredi son promoteur TransCanada.

La précédente administration américaine, présidée par Barack Obama, avait rejeté le projet d’oléoduc Keystone XL, conçu pour transporter le pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries du sud des États-Unis, en affirmant qu’il ne servait pas l’intérêt national américain.

En point de presse vendredi, le premier ministre Justin Trudeau s’est réjoui de la nouvelle, soulignant que la situation de l’emploi et la croissance économique du Canada reposent sur de tels projets d’exportation.

Il revient à l’industrie de voir à ce qu’il se concrétise, a toutefois ajouté M Trudeau.

«Nous, en tant que gouvernement, nous reconnaissons qu’une des responsabilités de base, c’est de permettre à nos ressources de se retrouver dans les marchés et ce, de façon fiable et responsable», a-t-il lancé.

Par voie de courriel, Ressources naturelles Canada a abondé dans le même sens.

«Notre gouvernement a toujours soutenu l’oléoduc Keystone XL, et nous saluons la décision des États-Unis. Pendant sa construction, Keystone XL créera des milliers de bons emplois de classe moyenne pour les Canadiens. Rien n’est plus essentiel à l’économie américaine que l’accès à une source d’énergie sûre et fiable. Le Canada est cette source. On ne saurait trop insister sur l’importance d’un marché énergétique continental commun», a déclaré son porte-parole Alexandre Deslongchamps.

Interrogé sur l’impact de cette annonce sur la nécessité du projet d’oléoduc Énergie Est, Philippe Couilard a suggéré que l’industrie se livre à une réflexion sur le nombre de projets de pipelines actuellement envisagés.

«Si le projet (Énergie Est) n’était pas nécessaire, disons qu’on n’insisterait pas pour le ranimer», a lancé le premier ministre québécois.

Un projet encore loin d’être mené à terme

Cette décision est survenue après des années de débats, de nombreuses batailles judiciaires et d’innombrables manifestations populaires.

Mais dès sa première semaine au pouvoir, le président Donald Trump avait signé un décret invitant TransCanada à reformuler une demande de permis et promis qu’une décision serait prise dans un délai de 60 jours. Depuis, M. Trump a signalé à maintes reprises son intention d’accepter la demande de l’entreprise canadienne.

En dépit de l’approbation de la Maison-Blanche, les obstacles à l’aboutissement du projet ne sont pas tous levés.

TransCanada ne s’est pas encore entendue avec tous les propriétaires des terrains situés sur le trajet proposé au Nebraska et n’a pas encore obtenu de permis dans cet État.

Les opposants promettent toujours de faire échouer le projet d’oléoduc.

Par voie de communiqué, Équiterre a exprimé son inquiétude, sans pour autant s’étonner du feu vert donné par l’administration Trump, que l’organisme qualifie de «désastre dans la lutte aux changements climatiques».

«Malgré l’approbation de Trump, ce projet est loin de se réaliser, la mobilisation contre Énergie Est ici au Québec ou contre Keystone XL au Dakota du Nord ne signifie pas seulement que les citoyens ne veulent pas de pipeline dans leurs cours, mais qu’ils n’en veulent nulle part ailleurs», a déclaré son directeur général, Sidney Ribaux.

La Fondation David Suzuki a pour sa part tenu à souligner «la tendance lourde du virage de l’économie mondiale vers les énergies renouvelables».

Son directeur général pour le Québec, Karel Mayrand, avance que l’appui du gouvernement de Justin Trudeau est incohérent avec le budget qu’il a déposé mercredi.

«Promettre des milliards de dollars pour accélérer le virage vers une économie verte tout en tablant sur une expansion des sables bitumineux et une augmentation de la production et des exportations de pétrole est une contradiction qu’Ottawa ne pourra pas balayer sous le tapis», a-t-il insisté.

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