OTTAWA — L’indépendance de l’Office national de l’énergie (ONÉ) a été remise en question à plusieurs reprises durant les consultations publiques sur sa modernisation. Montréal est la dernière destination d’une série de consultations lancées en janvier et qui se sont déroulées dans neuf autres villes d’un bout à l’autre du pays.

«Ça revient partout, reconnaît la coprésidente du comité d’experts nommé par le gouvernement fédéral, Hélène Lauzon. Les gens nous disent que la composition de l’Office devrait être plus représentative de l’ensemble du pays.»

L’ONÉ, dont le siège est situé à Calgary, est perçu comme étant trop près de l’industrie pétrolière par les participants. Une perception renforcée par le fait que ses membres permanents doivent habiter dans la région de Calgary pour pouvoir être nommés.

Certains intervenants entendus par le comité lors des consultations ont suggéré de rapatrier les bureaux de l’ONÉ à Ottawa pour garantir son indépendance. Ils ont aussi demandé que les évaluations environnementales soient retirées de son mandat et qu’elles soient plutôt transférées à l’Agence canadienne d’évaluation environnementale comme c’était le cas avant 2012. D’autres ont demandé davantage de transparence.

«On sent qu’il y a beaucoup d’inquiétude, affirme Hélène Lauzon. Les gens sont inquiets et craintifs parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’information. Ils voudraient savoir où sont les pipelines, les vieux et les nouveaux. Ils voudraient avoir accès à de l’information beaucoup plus rapidement.»

Un comité d’experts trop près de l’industrie?

La proximité de certains membres du comité d’expert avec l’industrie pétrolière a également été soulignée lors des consultations.

L’ex-présidente de l’Association canadienne de pipelines d’énergie, Brenda Kenny, siège à ce comité tandis que la coprésidente, Hélène Lauzon, travaille pour le Conseil patronal de l’environnement du Québec, qui compte TransCanada et Enbridge parmi ses nombreux membres.

Hélène Lauzon assure que le comité d’experts est en mesure de faire son travail en toute impartialité.

«On est assujetti à un code d’éthique, affirme-t-elle. On est assujetti à un code de conflit d’intérêts. Je suis moi-même avocate, j’ai un code de déontologie à respecter et je m’assure comme coprésidente qu’on ne fasse jamais l’objet d’influence par de tierces parties.»

Montréal est la ville où le plus grand nombre de participants se sont inscrits. En tout, 125 observateurs et intervenants participeront à la première journée de consultation, mardi.

La deuxième journée portera sur les enjeux autochtones. L’amélioration du processus de consultation des communautés autochtones est au coeur de l’exercice de modernisation de l’ONÉ que veut entreprendre le gouvernement Trudeau.

Le comité d’experts doit remettre son rapport au ministre Jim Carr le 15 mai. Ses recommandations doivent être rendues publiques le jour même.

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