TC Media– Reine Côté Les cannebergières embauchent des travailleurs saisonniers, d'avril à novembre.

Faute de Québécois intéressés par le boulot agricole saisonnier, les producteurs agricoles du Centre-du-Québec font venir plus de 400 travailleurs de l’étranger, chaque année. Cela représente 75 % des emplois agricoles.

C’est du moins ce qu’ont laissé savoir Maxime Sauvageau et Marie-Pierre Lemire, qui se sont succédé vendredi et samedi derrière le stand de recrutement du Centre d’emploi agricole, au Défi Emploi Drummond. Durant deux jours, ils ont tenté de séduire de potentiels travailleurs au secteur agricole.

Mme Lemire, la coordonnatrice du CEA, reconnait même que les travailleurs provenant majoritairement du Mexique et du Guatemala sont plus nombreux sur le territoire centricois depuis quelques années. «Au cours des deux dernières années, on a vu une augmentation de travailleurs étrangers sur les fermes laitières et porcines», indique-t-elle.

Selon ses chiffres, 103 travailleurs étrangers ont occupé un emploi dans une entreprise agricole de la MRC Drummond, en 2015-2016.

Au cours des dernières années, on retrouvait chez une cinquantaine de producteurs agricoles du Centre-du-Québec une majorité de travailleurs ayant quitté leur pays quelques mois pour venir occuper un poste de manœuvre agricole. Il n’est pas rare d’en retrouver dans les cannebergières, où le besoin en main-d’œuvre s’étale d’avril à novembre.

Il faut savoir qu’en agriculture, autour de 30% des postes offerts sont saisonniers. Et certaines récoltes ne s’effectuent qu’au début de l’automne, notamment les pommes.

Peu de manœuvre québécoise
Malgré cela, les recruteurs du Centre d’emploi agricole font tout ce qu’ils peuvent pour embaucher des travailleurs québécois. Mais qu’est-ce qui rebutent tant les Québécois à l’idée de travailler comme main-d’oeuvre pour une entreprise agricole? Le bas salaire, l’horaire entrecoupé, la longue distance pour se rendre au boulot? Un peu tout cela, selon Marie-Pierre Lemire.

«Le marché de l’emploi est favorable actuellement. Il y a plus d’emplois offerts qu’avant, donc ça rend le chercheur d’emploi plus sélectif», constate-t-elle. Et ce n’est pas le cadre agricole qui ne convient pas. Les Québécois acceptent d’y occuper un emploi spécialisé ou qui demande des connaissances spécifiques.

Si les entreprises agricoles insistent malgré tout pour recruter sa main-d’œuvre parmi les Québécois, c’est qu’il y a des coûts rattachés pour faire venir des travailleurs de l’étranger. Tout d’abord, l’entreprise doit obtenir l’aval de Service Canada et du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec.

Puis, l’entreprise agricole doit avoir un logis pour héberger ses travailleurs qui viennent de l’étranger, payer leur billet d’avion et débourser les frais d’intermédiaire. «Donc, ce n’est pas vrai que ça coûte moins cher de faire venir de la main-d’œuvre», assure la coordonnatrice du Centre d’emploi agricole.

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