MONTRÉAL — L’entreprise Iamgold s’adresse à son tour au tribunal dans l’espoir de faire renverser une décision du Tribunal administratif du travail, dans le dossier de deux mécaniciens miniers qui avaient réussi à faire reconnaître leur syndrome vibratoire de Raynaud comme une maladie professionnelle.

L’ancienne CSST avait d’abord refusé de reconnaître que les deux mécaniciens de la mine Westwood, en Abitibi, étaient atteints d’une maladie professionnelle — ce syndrome. Le Tribunal administratif du travail a récemment renversé cette décision, leur donnant raison.

Mais Iamgold vient de déposer une requête en révision de ce dernier jugement.

Le syndrome vibratoire de Raynaud est un trouble de la circulation sanguine au niveau des doigts, qui cause une atteinte vasculaire et neurologique aux artères. Les doigts blanchissent à la suite de l’exposition au froid, à l’humidité ou aux vibrations, puis la peau devient cyanosée, bleutée. Il y a aussi perte de sensitivité.

Dans sa requête, Iamgold allègue notamment que le tribunal n’a pas tenu compte du fait que seulement deux mécaniciens de sa mine sur une quarantaine qu’elle emploie avaient un tel diagnostic. La minière se demande donc comment le tribunal a pu conclure que le syndrome était relié directement aux risques particuliers du travail.

Iamgold allègue également que le tribunal s’est basé sur une étude ergonomique qui ne répond pas aux critères d’objectivité et de pertinence réalisée par un témoin expert.

La minière allègue aussi que la décision est «irrationnelle», compte tenu du fait qu’entre 10 et 15 pour cent de la population pourrait être atteinte d’une maladie de Raynaud.

Dans la décision qui est maintenant contestée, le Tribunal administratif du travail avait statué que la présomption de maladie professionnelle prévue à la loi n’avait pas été renversée par l’employeur. Il avait donc estimé que le syndrome vibratoire de Raynaud des travailleurs Yvan Aumond et Claude Boucher était relié directement aux risques particuliers du travail qu’ils exercent. Les deux mécaniciens miniers, membres du syndicat des Métallos (FTQ), ont plus de 30 années d’expérience.

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