OTTAWA — Une étude du gouvernement révèle qu’une poignée de réfugiés syriens ont payé leurs parrains pour venir au Canada.

L’évaluation du programme de réfugiés du gouvernement libéral a interrogé 581 des 8918 réfugiés parrainés par le secteur privé arrivés au pays entre novembre 2015 et mars 2016. Un peu plus de 26 000 Syriens ont été accueillis au pays au cours de cette période.

Des personnes interrogées, 23 ont dit avoir payé quelqu’un pour remplir leur demande de parrainage ou pour leur offrir du soutien au Canada. Certains d’entre eux ont laissé entendre qu’on leur avait demandé de payer.

Bien que le rapport n’indique pas quel montant les réfugiés ont versé, les groupes de parrainage privé ne doivent pas accepter ou demander de l’argent à un réfugié.

«Si l’on porte à notre attention des cas où des parrains ont demandé à des réfugiés de payer pour leur parrainage, nous allons enquêter. Nous n’allons cependant commenter aucune enquête qui puisse être en cours», a indiqué le porte-parole du ministère de l’Immigration, Rémi Larivière, par courriel.

L’évaluation souligne par ailleurs que les Syriens ne sont pas les seuls à avoir payé leurs parrains. Des 451 réfugiés d’autres pays parrainés par le privé interrogés dans le cadre d’une autre étude, 19 ont dit avoir payé également.

Cette légère différence n’est que l’une des nombreuses façons dont la cohorte syrienne a été présentée comme étant différente des autres réfugiés accueillis dans les dernières années.

L’évaluation de la première vague de Syriens — il y en a maintenant plus de 40 000 au Canada — a permis de constater que, comparativement aux réfugiés d’autres régions, certains sont moins éduqués, ont moins de connaissances de l’anglais ou du français, ont de plus grandes familles et une moins bonne compréhension des droits et libertés du Canada.

Ces facteurs ont tous ajouté des défis lors du processus d’installation, tout comme l’utilisation des médias sociaux par les réfugiés, a souligné l’évaluation.

«Contrairement aux autres populations de réfugiés, les Syriens sont nombreux à utiliser les médias sociaux et les applications mobiles, et la population est activement liée grâce aux appareils mobiles, principalement (l’application) WhatsApp», soumet le rapport.

«Les réfugiés ont comparé ce que leurs amis syriens recevaient en matière de services dans les autres villes et provinces et demandaient les services et le soutien équivalents», ajoute-t-il.

Le profil de la première vague de réfugiés — combien ont trouvé un emploi, combien suivent des cours de langue, etc. — a sans doute changé depuis la collecte de données en septembre.

À ce moment, seuls 10 pour cent des réfugiés syriens adultes pris en charge par le gouvernement avaient trouvé du travail, un nombre comparable à celui des autres populations de réfugiés à la même étape du processus, selon des hauts dirigeants.

L’évaluation souligne par ailleurs le cas particulier des jeunes Syriens âgés de 18 à 21 ans. Un groupe de discussion formé de ces jeunes a permis de constater qu’ils ont quitté l’école pendant l’adolescence et qu’ils ont l’impression qu’ils ne peuvent y retourner au Canada parce qu’ils sont trop vieux, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur capacité à s’intégrer au marché du travail.

Les Syriens ont aussi répondu à des questions sur leur sentiment d’appartenance au Canada.

Quelque 77 pour cent de ceux interrogés se sont dit heureux ou très heureux de leur vie dans leur terre d’accueil, et 90 pour cent ont rapporté ressentir un fort ou très fort sentiment d’appartenance.

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