La mémoire des travailleurs décédés ou blessés au travail sera honorée, vendredi, alors que la FTQ et ses syndicats affiliés planteront 217 croix devant l’Assemblée nationale pour chaque mort, en prenant soin de les nommer.

Ce Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail est souligné le 28 avril chaque année.

La commémoration est encore plus lourde de sens, cette année, parce que le nombre de décès est passé de 196 l’an passé à 217, a déploré au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

«C’est la deuxième année la plus élevée depuis 2005 en termes de décès, tant par accidents de travail que maladies professionnelles», a déploré le numéro deux de la FTQ.

Et 80 de ces 217 cas ont des accidents, pas des maladies professionnelles, a-t-il relevé.

«Le bilan ne s’améliore pas, au contraire. Il s’amplifie. Ça veut dire qu’à chaque quatre journées et demie de travail en 2016, il y a un travailleur qui est parti pour travailler et qui n’est pas rentré chez lui le soir, parce qu’il est décédé d’un accident de travail. C’est une véritable catastrophe», s’est exclamé le secrétaire général de la plus grande centrale syndicale du Québec, avec plus de 600 000 membres.

Il attribue cette triste statistique notamment au fait que la Loi sur la santé et la sécurité au travail n’est pas appliquée dans son intégralité dans tous les secteurs d’activités.

«La construction n’est pas couverte. Les articles concernant le représentant à la prévention et le comité de santé et sécurité ne sont toujours pas en force depuis l’entrée en vigueur de la loi, en 1979», a déploré M. Cadieux.

L’industrie de la construction est pourtant celle où il y a le plus de décès et le plus de lésions, a-t-il rappelé. Ce secteur représente 5 à 6 pour cent de la main-d’oeuvre québécoise, mais 25 à 40 pour cent des lésions professionnelles, a-t-il ajouté.

«Après 37 ans d’application de la loi, on est obligé de faire le bilan: les endroits où on a mis en vigueur ces dispositions-là, le nombre d’accidents de travail a été réduit de façon considérable», a signalé M. Cadieux.

C’est donc devant le gouvernement du Québec que la FTQ et ses syndicats ont tenu à marteler le message. «Les députés sont imputables à la population; ils doivent exprimer à la population quels sont les motifs pour lesquels cette loi-là, qui a été adoptée en 1979, n’est toujours pas en vigueur dans tous ses aspects en 2017 et qu’il y a encore un nombre épouvantable de travailleurs et de travailleuses qui décèdent par la négligence du législateur», a lancé M. Cadieux.

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