OTTAWA — Le Conseil des arts du Canada et le ministère fédéral du Patrimoine ont convenu l’an dernier de commander une étude indépendante afin de mesurer les «retombées sociales» des investissements dans la culture.

Les détails de ce projet sont contenus dans un document obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. L’étude n’a pas encore obtenu le feu vert de la ministre du Patrimoine et de sa collègue des Sciences.

Le Conseil des arts rappelle que les retombées économiques «directes» des activités culturelles sont déjà bien documentées. Par contre, on en sait beaucoup moins sur les «retombées sociales» de la culture, notamment sur la santé, par exemple. Selon le conseil, une telle étude permettra de démontrer l’importance de financer les activités culturelles. Le gouvernement, de son côté, souhaite utiliser ces données dans l’élaboration de son financement culturel, grâce aux indicateurs de rendement, a indiqué un porte-parole de Patrimoine Canada.

Cette étude s’inscrit dans une incursion plus large du gouvernement libéral dans le secteur du financement des entreprises à vocation sociale, qui prévoit un apport du secteur privé dans des initiatives soutenues par l’État. Cette approche du «financement social» transfère le risque sur les investisseurs privés et ouvre la voie à des solutions innovantes dans le social, plaident ses partisans.

Le Canada élabore actuellement une stratégie nationale en matière de financement social, avec l’aide d’experts externes. Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, était au Royaume-Uni cette semaine pour s’inspirer du modèle britannique. Le Royaume-Uni a créé en 2007, en pleine période d’austérité, une agence de «financement alternatif» qui a depuis, par un effet de levier, attiré environ 175 millions $ CAN en capitaux privés dans l’économie sociale.

En entrevue téléphonique depuis Nottingham, le ministre Duclos a indiqué que le gouvernement canadien «veut innover, mais sans l’austérité». Selon lui, le secteur privé souhaite — plus qu’on ne le croit — investir dans l’économie sociale. Par contre, les problèmes peuvent venir de la demande, estime le ministre: les entreprises à vocation sociale ne peuvent bien souvent pas élaborer un nouveau mode de financement, ou alors elles ne disposent pas des actifs nécessaires pour garantir un financement extérieur.

Et en dépit de la bonne volonté du gouvernement, ces entreprises à vocation sociale auront du mal à décrocher un contrat public, admet M. Duclos.

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