MONTRÉAL — Quelques centaines de militants ont bravé la pluie et le froid, lundi soir, à Montréal, pour souligner la Journée internationale des travailleurs, lors de deux rassemblements dont les revendications étaient bien différentes.

Le premier événement était organisé par la Coalition du 1er mai, qui incluait des organismes communautaires et plusieurs syndicats.

Munis de leurs parapluies, puis de tambours et trompettes, les marcheurs ont parcouru le quartier Côte-des-Neiges dans une ambiance festive pour défendre les droits des travailleurs, mais aussi revendiquer l’augmentation du salaire minimum à 15 $.

Plusieurs d’entre eux ont fait valoir que la hausse de 50 cents du salaire minimum, qui est passé à 11,25 $ lundi, ne suffit pas pour que ces travailleurs vivent dignement.

«L’augmentation de 11,25 $, ce n’est rien, ce n’est pas suffisant», a tranché Viviana Medina, du Centre des travailleuses et travailleurs immigrants, qui milite pour la hausse du salaire à 15 $ depuis 2012.

«Même le 15 $, si on continue à retarder cela, ce ne sera pas assez non plus», a-t-elle ajouté.

Sylvia Bissonnette, coordonnatrice du Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec, estime qu’il n’est pas normal que les travailleurs à bas salaire aient à se rendre dans les banques alimentaires.

Elle ne croit pas, comme certains politiciens et chercheurs le prédisent, que l’augmentation du salaire puisse provoquer des pertes d’emplois.

«Couche-Tard, qui engage au salaire minimum, qui gagne des milliards de dollars, pourrait payer plus. McDonald’s aussi. Wal-Mart aussi. Ce sont des (entreprises) qui paient au salaire minimum qui auraient les moyens de payer plus que ça», a-t-elle soutenu.

Kathleen Gudmundsson, qui recherche actuellement un emploi, trouve dommage que les jeunes de la génération Y aient à s’habituer à la précarité de l’emploi.

«On doit donner aux employés un meilleur standard de vie», a-t-elle souligné.

Les représentants de certains partis politiques étaient présents à la manifestation, dont la députée de Québec solidaire Manon Massé et le candidat du parti dans Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois. Le vice-président du Nouveau Parti démocratique, Hans Marotte, était également du nombre.

«Les études l’ont démontré que c’est toute la société qui s’enrichit quand on fait monter les salaires», a martelé M. Nadeau-Dubois

Dans les endroits où le salaire minimum a été haussé à 15 $ «la catastrophe qu’on annonçait ne s’est pas produite», a-t-il ajouté.

L’autre marche qui partait du square Phillips, dans le centre-ville de Montréal, s’est avérée plus mouvementée. Environ 200 personnes ont participé à la manifestation qui se voulait «anticapitaliste».

Les militants ont lancé des bombes fumigènes à la police, qui a répondu avec du gaz lacrymogène. Quelques vitrines de banques aussi été fracassées. Seule une personne a été arrêtée pour voie de faits contre un policier.

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