QUÉBEC — Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont profité, mercredi, de nouvelles révélations sur l’ex-directrice du financement du Parti libéral du Québec, Violette Trépanier, pour réclamer coup sur coup deux enquêtes.

Le Parti québécois a ouvert le bal mercredi matin en suggérant que la police ouvre une enquête sur parjure, afin de déterminer si Mme Trépanier a dit toute la vérité lors de sa comparution à la Commission Charbonneau.

Selon Le Journal de Montréal, Mme Trépanier aurait affirmé une chose devant la commission, qui a siégé entre 2011 et 2015, puis son contraire dans des courriels à diverses personnes.

Alors qu’elle affirmait ne pas communiquer avec des cabinets ministériels, recevoir très peu de CV pour des nominations à des conseils d’administration et ne pas se préoccuper de l’allégeance politique des candidats pressentis, ses courriels démontrent autre chose, comme le rapporte Le Journal de Montréal.

«Si les policiers n’étaient pas au courant de la contradiction entre ses courriels et son témoignage, bien, maintenant, ils le sont, a déclaré le chef du PQ, Jean-François Lisée. Alors, moi, je m’attends à ce qu’il y ait une réaction des forces policières pour dire: Bon, bien, est-ce qu’on ouvre une enquête pour parjure?»

M. Lisée a ajouté que, selon lui, l’Unité permanente anticorruption cherche à démontrer l’existence d’un «système de trafic d’influence, de contrats, de nominations contre du financement», et que si l’information coule dans les médias, c’est peut-être parce que des enquêteurs craignent que leurs enquêtes n’aboutissent pas.

Tant que les responsables n’auront pas subi leur procès, a-t-il dit, cela demeurera l’affaire du jour.

Un grand ménage

La Coalition avenir Québec a aussi sauté à pieds joints dans la controverse, mercredi.

Affirmant qu’une autre tuile venait de s’abattre sur le PLQ, le député caquiste Éric Caire a demandé au gouvernement Couillard de faire un grand ménage dans la fonction publique depuis 2003, pour débusquer les nominations partisanes.

«Il y a un don, un post-it, une job. Et ça, on ne déroge pas de ce planning-là de la part du Parti libéral», a déclaré M. Caire.

Si le premier ministre Philippe Couillard ne fait pas de vérifications, c’est qu’il «cautionne et fait sien l’héritage de (l’ancien premier ministre libéral) Jean Charest», a-t-il ajouté.

«Acharnement thérapeutique»

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a quant à lui soutenu qu’il y avait «acharnement thérapeutique» sur les libéraux depuis deux semaines.

«On beurre épais pas mal (…) je vois qu’on essaie de faire tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires. Ni vous ni moi ne savons si on a l’ensemble du portrait», a-t-il dit, en ajoutant qu’à son avis, les reportages commençaient à ressembler à un «tir groupé qui est presque une position politique à l’encontre du parti qui représente le gouvernement».

Plus tard en chambre, le premier ministre Philippe Couillard a lu des extraits du témoignage de Ginette Boivin, responsable du financement au PQ à la même époque.

Mme Boivin avait révélé à la Commission Charbonneau qu’il se pouvait qu’elle ait déjà demandé une liste de projets à venir dans un ministère ou une société d’État.

«Ça montre quoi? Ça montre que dans tous les partis politiques — presque tous, je ne mettrai pas Québec solidaire dans cette catégorie — il y a certainement eu une hypertrophie du rôle des responsables de financement politique», a dit le premier ministre.

Depuis 2013, a-t-il souligné, la loi plafonne à 100 $ la contribution politique par électeur et hausse le financement public des partis.

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