Chantal Levesque Le président de l'UPA, Marcel Groleau

MONTRÉAL — L’Union des producteurs agricoles demande carrément à la Caisse de dépôt et au Fonds de solidarité de se retirer de Pangea et réitère sa demande d’intervention auprès du gouvernement du Québec pour ce qui est de limiter l’accès aux terres agricoles.

L’UPA a rencontré la presse, mercredi à Montréal, aux côtés de la Fondation David Suzuki et de la Fédération de la relève agricole.

Son président, Marcel Groleau, n’accepte toujours pas que le Fonds de solidarité de la FTQ et la Caisse de dépôt et placement du Québec investissent dans Pangea, cette société d’investissement qui achète des terres agricoles et s’associe à des producteurs pour les développer.

Ils allèguent que le modèle Pangea fait grimper le prix des terres agricoles et équivaut à «une prise de contrôle hostile de notre patrimoine agricole avec l’argent des Québécois».

Le président de l’UPA a réitéré la demande qu’il avait déjà formulée en commission parlementaire, à savoir de limiter l’accès aux terres agricoles à 100 hectares par année, par acheteur, pendant trois ans, le temps de faire le point sur la situation et de voir comment améliorer l’accès aux terres pour la relève.

Réactions

Joint au téléphone, le Fonds de solidarité a fait savoir qu’il n’entendait pas se retirer de Pangea. Son porte-parole Patrick McQuilken a décrit Pangea comme «une « alternative » qui répond à un besoin sur le terrain». Il a rappelé que d’autres moyens complémentaires existent, comme le financement traditionnel des banques.

«Le Fonds n’est pas un spéculateur; le Fonds est un investisseur de capital patient à long terme, ce qui n’est pas compatible avec la spéculation», a ajouté M. McQuilken.

Du côté de la Caisse de dépôt et placement, on n’a pas répondu aux questions et on nous a renvoyé au communiqué transmis par la Caisse, la semaine dernière, dans lequel elle décrivait sa stratégie pour le secteur agroalimentaire, qui incluait un appui aux jeunes agriculteurs qui veulent prendre la relève et un appui aux propriétaires et au modèle de ferme familiale.

Du côté de Pangea, le cofondateur Serge Fortin a soutenu en entrevue que l’UPA «a une très mauvaise compréhension de notre modèle» et que c’est pour cette raison qu’elle le critique tant.

Il explique que l’agriculteur avec qui Pangea fait affaire reste propriétaire à 100 pour cent de sa terre, mais accepte de cultiver aussi d’autres terres. «Les gens restent propriétaires de leurs terres», assure-t-il, mais ils forment aussi une société commune à 51-49 pour cent avec Pangea.

M. Fortin rejette également les reproches de spéculation et de prise de contrôle hostile. Il affirme que le modèle Pangea respecte celui de ferme familiale. Il cite également des cas où lorsque Pangea a appris qu’un autre agriculteur souhaitait se porter acquéreur d’une ferme en vente, Pangea s’est retiré.

À Québec, le ministre de l’Agriculture Laurent Lessard a indiqué que le modèle de Pangea était «sous examen» et qu’il devait l’analyser pour voir s’il correspond au modèle de ferme familiale que Québec veut encourager. Il a rappelé que le Québec avait eu «huit générations de familles agricoles» et qu’il tenait à garder ce modèle.

«On va vivre au Québec dans une société de propriétaires», a lancé le ministre.

Il a affirmé que la façon de faire de Pangea était en partie basée sur une exploitation sur «de grandes dimensions», mais que l’entreprise s’associait également à des fermes familiales, en partenariat.

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