DARRYL DYCK La Presse Canadienne

WASHINGTON — Le gouvernement canadien menace d’adopter plusieurs mesures commerciales contre les États-Unis, en représailles aux droits majeurs récemment imposés sur les importations de bois d’oeuvre canadien.

Ottawa fait pression pour la conclusion d’une entente à long terme relativement à la dispute commerciale, sans quoi plusieurs industries américaines pourraient être bientôt ciblées.

L’une des mesures a été annoncée dans une lettre vendredi, alors qu’une autre pénalité — celle-là comportant plusieurs facettes — est envisagée.

Justin Trudeau a lancé la première salve, vendredi, au moyen d’une missive adressée à son homologue provinciale de la Colombie-Britannique, Christy Clark. Dans cette lettre, il dit considérer sérieusement sa demande concernant une interdiction ou une taxe sur les exportations de charbon thermique. Cette suggestion est analysée par les responsables fédéraux en matière de commerce.

La deuxième menace pour les États-Unis : des possibles droits imposés aux industries de l’Oregon. Cet État est celui du sénateur démocrate Ron Wyden, qui a adopté la ligne dure dans la dispute entourant le bois d’oeuvre canadien.

Le gouvernement canadien a identifié plusieurs programmes d’aide de l’Oregon qui peuvent constituer, selon lui, des formes de subventions illégales. Il considère un processus qui pourrait mener à l’imposition de droits de représailles sur les importations des produits de cet État. Ce serait notamment le cas pour le contreplaqué, le revêtement de sol, les copeaux de bois, le matériel d’emballage et le vin.

Deux sources gouvernementales ont insisté sur le fait que la menace brandie n’aurait rien à voir avec le président américain Donald Trump. Il s’agit plutôt, a-t-on souligné, d’une action spécifique relative à une dispute commerciale en particulier et à un sénateur démocrate d’un État américain.

Ces sources ont en outre fait valoir qu’une entente à long terme sur le bois d’oeuvre serait la meilleure façon de prévenir une escalade des tensions.

«Nous espérons ne pas avoir à agir», a dit l’une d’entre elles qui a requis l’anonymat afin de pouvoir discuter d’informations qui n’ont pas été annoncées publiquement. Nous espérons que cette dispute puisse être résolue.»

Le plan d’action analysé par le gouvernement canadien est similaire au processus dont ont eu recours les États-Unis, lesquelles ont frappé de droits de 20 pour cent les exportations canadiennes de bois d’oeuvre.

Ce plan comprend notamment de demander à l’Agence des services frontaliers du Canada de se pencher sur les sources de subvention illégales en Oregon. Un tel processus pourrait s’échelonner sur plusieurs mois.

Le gouvernement dit avoir ciblé, dans cet État, neuf programmes qui viennent en aide aux entreprises. La plupart de celles-ci ont des activités liées au bois d’oeuvre, a-t-on affirmé.

«C’est une réalité. Nos responsables ont déjà regardé ceci», a assuré un agent du gouvernement au courant du plan d’Ottawa.

«(Ron) Wyden a été un des principaux défenseurs pendant des années de demandes infondées à l’encontre de l’industrie canadienne du bois d’oeuvre», a-t-il ajouté.

Ottawa n’a toutefois pas l’intention de déroger de l’attitude de coopération et de minimisation du drame prise par Justin Trudeau à l’égard de la Maison-Blanche, de façon générale, souligne une autre source.

«Ce n’est pas à propos du président. C’est à propos de l’État…La stratégie (quant à Donald Trump) en est toujours une d’engagement positif», a-t-on soutenu, ajoutant qu’il fallait tout de même intervenir sur des enjeux comme celui des exportations canadiennes de bois d’oeuvre.

Le bureau du sénateur Wyden a insisté pour dire que l’une des parties a raison — et ce n’est pas le Canada. Le porte-parole Keith Chu souligne que les entreprises américaines se basent sur des faits: soit que leurs concurrents canadiens sont subventionnés en ayant un accès peu coûteux à la terre, selon elles.

«Ces menaces (du Canada) semblent être des représailles politiques», a-t-il suggéré.

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