Andrew Harnik Andrew Harnik / The Associated Press

WASHINGTON — Le plus récent obstacle à l’ouverture des négociations pour un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ne vient pas des adversaires du président Donald Trump, mais de son propre camp.

La nomination du nouveau représentant américain au Commerce, première étape du mécanisme, est toujours bloquée par la procédure parlementaire, et la dernière en date provient d’un républicain — et non le moindre: le sénateur John McCain.

L’ex-candidat républicain à la présidentielle de 2008 a confirmé mardi qu’il avait posé quelques questions à Robert Lighthizer, le candidat de M. Trump au poste névralgique de représentant au Commerce, ce qui bloque la confirmation unanime de sa nomination au Sénat. M. McCain soutient qu’il est prêt à suspendre son appui à la nomination tant que M. Lighthizer n’aura pas répondu à ses questions en matière de politiques commerciales.

Une fois cette nomination confirmée par le Congrès, une période de consultations de trois mois pourra s’ouvrir, et les négociations proprement dites entre Washington, Ottawa et Mexico devraient débuter par la suite — peut-être au début de l’automne.

Le sénateur McCain veut entendre l’administration Trump se commettre clairement en faveur des grands principes défendus par les républicains depuis des décennies en matière de commerce. M. McCain n’a pas voulu préciser la teneur des questions posées au candidat, mais il a nié vouloir se venger. M. Lighthizer avait écrit dans une chronique, en 2008, que l’appui de John McCain au libre-échange ne constituait pas en soi une profession de foi conservatrice.

«Il s’agit surtout de savoir si un représentant au Commerce est en faveur du libre-échange», a expliqué le sénateur McCain, mardi, au capitole. «Ou s’ils ne veulent pas, en fait, devenir plus isolationnistes et détruire notre économie. Je ne dis pas que je suis contre (sa nomination). Je veux des réponses à mes questions. C’est là le rôle des sénateurs. C’est notre droit. C’est normal. On fait ça tous les jours.»

La fenêtre rétrécit
Chaque semaine qui passe voit la fenêtre de négociations se rétrécir. Washington et Mexico souhaitent conclure un accord avant les élections au Mexique en juillet 2018 et les élections de mi-mandat aux États-Unis quatre mois plus tard. Tout retard de quelques mois dans les négociations pourrait donc reporter la conclusion d’un nouvel ALÉNA à 2019. C’est pourquoi l’administration Trump commence sérieusement à s’impatienter devant le blocage au Congrès de la nomination de Robert Lighthizer.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, espérait mardi que la nomination du nouveau représentant au Commerce soit confirmée rapidement — peut-être même dès cette semaine. «Nous allons exiger un calendrier de négociations (cet automne) beaucoup plus serré qu’à l’habitude», a-t-il prévenu mardi dans une conférence donnée au département d’État.

Les démocrates sont disposés à appuyer la nomination du nouveau représentant au Commerce, et ils prennent un malin plaisir à rappeler que le blocage provient des républicains eux-mêmes. Mais ce renversement des rôles illustre à quel point les questions commerciales aux États-Unis ne suivent pas les clivages traditionnels de la politique partisane. Et si l’on en croit un récent sondage, ces lignes de faille se mettent à bouger en cette ère Trump.

Un sondage de Pew Research suggère que 51 pour cent des Américains appuient l’ALÉNA. Par ailleurs, 30 pour cent seulement des répondants qui ont voté républicain l’an dernier appuient l’entente, comparativement à 68 pour cent chez les démocrates. C’était l’inverse il y a quelques années.

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