OTTAWA — Après 68 ans de résistance, le Canada change son fusil d’épaule et prévoit ratifier un traité international sur les droits des travailleurs — un geste qui le distingue de ses partenaires de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), les États-Unis et le Mexique.

Le gouvernement libéral affirme que la décision du Canada d’adhérer à la Convention (n° 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail démontre son soutien aux droits d’organisation des travailleurs.

Le Canada était l’un des quelque 20 pays, incluant les États-Unis et le Mexique, réfractaires à se joindre au traité depuis les débuts de l’Organisation des Nations unies.

Le gouvernement fédéral avait précédemment affirmé que la Charte canadienne des droits et libertés constituait un véhicule suffisant pour assurer la protection de la liberté de réunion et d’association.

Néanmoins, une note préparée pour le gouvernement en 2015 arguait que le temps était venu de se joindre à la convention instaurée en 1949. La note, préparée par le bureau du Conseil privé, affirme que d’adhérer au traité permettrait au Canada d’apporter une meilleure contribution à l’égard de la protection des droits des travailleurs à travers le monde.

Le document souligne qu’il y a des limites à la stratégie d’inclure ces droits dans des accords de libre-échange, ce qui a constitué la méthode traditionnellement privilégiée par le Canada.

La ministre du Travail, Patricia Hajdu, devait annoncer l’intention du Canada de se joindre au traité lors d’un événement, mardi, à Toronto. Le Canada apposera sa signature formelle à Genève le mois prochain.

«Notre gouvernement a conscience que l’organisation syndicale est cruciale pour des relations de travail saines qui bénéficient à des gens dans des milieux de travail dans tout le pays», a dit Matt Pascuzzo, un porte-parole de Mme Hajdu.

«Nous sommes engagés à ratifier la Convention 98 et à envoyer un message clair dans le monde sur les droits d’organisation des travailleurs au Canada», a-t-il ajouté.

Le Congrès du travail du Canada a salué le geste, tout en disant qu’il était attendu depuis longtemps.

«À l’international, la ratification signifie que le Canada peut insister plus efficacement auprès des partenaires commerciaux comme les États-Unis et le Mexique sur le fait qu’ils doivent respecter et faire appliquer les droits des travailleurs», a affirmé le président, Hassan Yussuff.

«Cela est essentiel alors que se profile la renégociation de l’ALÉNA», a-t-il ajouté.

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