Manuel Balce Ceneta Manuel Balce Ceneta / The Associated Press

WASHINGTON — Le président Donald Trump a dit être prêt à amorcer une renégociation majeure de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), à la suite de la confirmation attendue de longue date de son représentant au Commerce par le Sénat américain.

La chambre haute a voté avec une large majorité bipartisane de 82 voix contre 14 pour la confirmation de Robert Lighthizer dans ses fonctions, jeudi.

Le président a affirmé dans une entrevue avec The Economist qu’il voulait déposer rapidement un avis de 90 jours au Congrès, s’entendre avec les élus sur les priorités, et commencer des discussions avec le Canada et le Mexique plus tard cette année.

L’administration Trump a déjà signalé des changements importants qu’elle voudrait voir dans plusieurs secteurs, incluant les produits laitiers, le bois d’oeuvre, les automobiles, les produits pharmaceutiques et le système de résolution des conflits.

À un intervieweur qui laissait entendre qu’il semblait souhaiter une «grande» — «big» en anglais — renégociation, M. Trump a rétorqué qu’il était plus approprié de parler d’une renégociation «massive».

Ce désir d’une renégociation «massive» pourrait se buter aux réalités du calendrier politique. Les États-Unis et le Mexique ont tous deux exprimé le souhait d’obtenir une entente d’ici le début de l’année prochaine, avant les élections mexicaines. Peu d’observateurs estiment qu’une renégociation substantielle est possible en l’espace de quelques mois.

M. Trump a répété dans cette entrevue qu’il avait failli se retirer de l’ALÉNA le mois dernier, avant de recevoir des appels quasi simultanés du premier ministre Justin Trudeau et du président mexicain Enrique Peña Nieto.

Le Canada se prépare

Le gouvernement Trudeau apportera ses propres suggestions à la table de négociation, a indiqué jeudi le ministre des Transports, Marc Garneau, sans donner davantage de détails.

«Ce qui importe, c’est le document qui va être la base de négociation après le 90 jours lorsque le processus va être enclenché», a-t-il rappelé.

«C’est à ce moment-là que nous allons voir ce que les Américains proposent comme changements à l’ALÉNA et c’est à ce moment-là que la négociation commencera. Nous apporterons nos suggestions également», a-t-il ajouté.

Marc Garneau s’est rendu en Floride en avril dans le cadre de l’opération séduction lancée par le gouvernement Trudeau auprès d’élus et d’organismes américains.

Il avait rencontré le gouverneur de l’État, Rick Scott, l’ex-gouverneur Jeb Bush et Charlie Crist, membre de la Chambre des représentants, pour les sensibiliser aux conséquences négatives du protectionnisme américain sur les entreprises américaines qui exportent au Canada.

Il s’agissait de son troisième voyage officiel aux États-Unis depuis janvier.

L’opération charme du gouvernement se poursuit. Le premier ministre Justin Trudeau doit rencontrer le gouverneur de l’État de Washington, Jay Inslee, la semaine prochaine.

Depuis l’assermentation du président Trump en janvier, 23 ministres du gouvernement se sont déplacés aux États-Unis. Le Canada cible 11 États-clés où les liens commerciaux avec des entreprises américaines sont les plus importants.

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