Colin Perkel Colin Perkel / La Presse Canadienne

OTTAWA — L’opposition tente de bloquer la nomination de l’ex-ministre libérale Madeleine Meilleur au poste de commissaire aux langues officielles.

Les conservateurs et les néo-démocrates jugent que le premier ministre Justin Trudeau a laissé la partisanerie guider son choix dans la désignation de cette ancienne élue de Queen’s Park.

Reprochant au gouvernement de ne pas les avoir consultés, les deux partis ont demandé mercredi au président de la Chambre, Geoff Regan, de se prononcer sur le processus.

Ils cherchent à savoir si le gouvernement a respecté la Loi sur les langues officielles, a expliqué le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD) en Chambre, Murray Rankin.

L’article 49 de cette loi, qui a une valeur quasi constitutionnelle, stipule que la nomination se fait «après consultation du chef de chacun des partis reconnus».

Or, ceux-ci n’ont pas été consultés: ils ont seulement été avisés par une lettre envoyée par le premier ministre, a assuré le député Rankin en entrevue avec La Presse canadienne.

«Beaucoup d’arrêts de la Cour suprême donnent le sens au terme consultation. Ce n’est pas une notification, pas un avis préalable! C’est un dialogue; il faut discuter», s’est-il exclamé.

Il a insisté sur le fait que la nomination de tout agent du Parlement se doit d’être un processus non partisan, et que celle-ci pourrait créer «un précédent».

La leader parlementaire conservatrice, Candice Bergen, avait fait valoir le même argument aux Communes un peu plus tôt dans son rappel au règlement.

Les partis d’opposition critiquent la nomination de la libérale Meilleur depuis qu’elle a été rapportée dans les médias, la semaine dernière.

Mais il ne faut pas y voir une bataille personnelle dirigée contre l’ancienne ministre ontarienne, a juré Murray Rankin.

«Franchement, ce n’est pas contre Mme Meilleur. C’est une question de principe», a-t-il dit.

L’élu a cependant refusé de se prononcer sur les compétences de celle qui a joué un rôle dans la bataille victorieuse contre la fermeture de l’hôpital francophone Montfort, à Ottawa.

C’est ce qu’avait fait en début de semaine la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, responsable du dossier des langues officielles.

«Elle est clairement la meilleure candidate pour occuper le poste», a-t-elle tranché en point de presse après avoir essuyé des accusations de partisanerie à la Chambre des communes

La ministre Joly avait également défendu le processus de nomination «ouvert et fondé sur le mérite» ayant mené à cette nomination.

La tentative de l’opposition de barrer la route à Madeleine Meilleur survient à la veille de la comparution de cette dernière devant le comité des langues officielles.

Ce témoignage peut se tenir en attendant le verdict du président de la Chambre.

Le président du comité, le député libéral Denis Paradis, a soutenu mercredi que la plupart des groupes de défense des droits linguistiques avaient accueilli très favorablement la nomination.

«Ce que j’ai comme commentaire de l’ensemble des groupes à travers le pays, c’est que c’est à peu près la meilleure commissaire qu’on peut avoir au moment où on se parle», a-t-il offert.

Il souhaite que les élus qui siègent au comité fassent preuve d’ouverture, se disant conscient qu’il n’y a pas «unanimité au comité relativement à la nomination».

Madeleine Meilleur a annoncé son retrait de la vie politique en juin dernier après avoir passé 13 années à siéger comme députée d’Ottawa-Vanier pour le gouvernement ontarien.

Elle a notamment été ministre déléguée aux Affaires francophones, ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels et procureure générale.

En vertu de la Loi sur les langues officielles, sa nomination doit être approuvée par la Chambre des communes et par le Sénat. Le comité sur les langues officielles disposera de 30 jours au préalable pour examiner la candidature et en faire rapport aux députés.

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