Evan Vucci Evan Vucci / The Associated Press

WASHINGTON — Les États-Unis ont officiellement annoncé jeudi qu’ils désiraient renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), donnant ainsi le coup d’envoi à une période de consultation de 90 jours qui précédera le début de discussions formelles.

Le coup de départ de la procédure a été donné jeudi matin dans une lettre du représentant américain au Commerce, l’ambassadeur Robert Lighthizer.

Dans une déclaration, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a indiqué que de nouvelles règles seraient dorénavant privilégiées par les États-Unis en ce qui a trait aux échanges commerciaux. «Avec cette lettre, nous souhaitons informer le Congrès, et tous nos partenaires commerciaux, qu’un commerce libre et juste est la nouvelle norme pour les accords commerciaux des États-Unis», a-t-il expliqué dans sa déclaration.

La Maison-Blanche considère que l’ALÉNA, un accord en vigueur depuis 1993, est injuste. «Depuis la signature de l’ALÉNA, nous avons vu notre industrie manufacturière être décimée, nos usines fermées et d’innombrables travailleurs sans emploi. Le président Trump va changer cela», a affirmé M. Ross. «Je suis impatient de travailler avec le président, l’ambassadeur Lighthizer et nos homologues du Mexique et du Canada pour trouver une solution qui soit à la fois juste et qui profite à toutes les parties.»

Au cours de sa campagne présidentielle, l’an dernier, Donald Trump qualifiait l’ALÉNA de «désastre». Le mois dernier, des conseillers de la Maison-Blanche ont indiqué que M. Trump était prêt à se retirer de l’accord, mais le président a changé d’avis après quelques heures, en affirmant qu’il tenterait d’abord d’«obtenir un meilleur accord».

Dans les capitales, on s’attend depuis longtemps à ce que les négociateurs mettent ultimement sur la table des sujets extrêmement litigieux comme les produits laitiers, les pièces automobiles, le bois d’oeuvre, les produits pharmaceutiques, les boutiques hors-taxes, l’alcool et les mesures protectionnistes américaines — la doctrine «Buy American».

La «voie rapide» au Congrès

La Maison-Blanche a opté dans ce dossier pour la «voie rapide» au Congrès: en vertu de cette procédure législative, les élus seront constamment consultés pendant les négociations, mais devront se prononcer ultimement sur l’accord dans son intégralité — ils ne pourront plus l’amender, comme le permettrait la Constitution.

Le Canada avait espéré des changements plus cosmétiques — et plus rapides encore. Ottawa a tenté au cours des dernières semaines de convaincre la Maison-Blanche d’apporter des modifications à la pièce, en rappelant que l’ALÉNA avait déjà subi une douzaine de changements de la sorte depuis 1993, sans passer par le Congrès.

L’ambassadeur Lighthizer a indiqué que les États-Unis allaient accorder «un solide effort» au processus de négociations, tout en précisant que l’accord devra mieux protéger les travailleurs des usines américaines et tenir compte des nouvelles technologies.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a bien accueilli ce développement — qui était largement attendu. Elle a promis de consulter de son côté les Canadiens au sujet de la meilleure façon d’aller de l’avant dans ce dossier.

Mme Freeland, qui est aussi responsable du commerce canado-américain au cabinet, a répété le message clé du gouvernement au sujet de l’ALÉNA: il s’agit en fait d’un bon accord pour toutes les parties — y compris aux États-Unis, où neuf millions d’emplois reposent sur le commerce et l’investissement avec le Canada.

«La feuille de route de l’ALÉNA est marquée par la croissance économique et la création d’emplois pour la classe moyenne, tant ici au Canada que partout en Amérique du Nord», a affirmé Mme Freeland dans un communiqué. «Nous continuerons de consulter de près les provinces et les territoires, les entreprises, les syndicats, la société civile, les groupes de réflexion, les universitaires, les peuples autochtones, les femmes, les jeunes et le grand public.»

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