OTTAWA — Le président de l’influent conseil consultatif en matière de croissance économique estime que la Banque de l’infrastructure du Canada, dont il a pris part à l’ébauche, ne devrait pas être complètement indépendante face au gouvernement fédéral.

En entrevue avec La Presse canadienne, Dominic Barton a soutenu que le cabinet devrait avoir son mot à dire sur les projets que sélectionnera la Banque.

Avec pour mandat d’attirer des investissements privés dans des projets d’infrastructures publiques comme le transport en commun, la construction de ponts et de lignes ferroviaires, la Banque constitue une pierre angulaire de la stratégie de croissance économique du gouvernement de Justin Trudeau.

Plus tôt cette semaine, le ministre des Finances Bill Morneau avait affirmé que ses collègues et lui auraient voix au chapitre quant aux projets envisagés.

Vendredi, M. Barton a renchéri que la Banque devra trouver un équilibre entre le gouvernement et le marché. L’associé directeur général de la firme de consultation McKinsey & Company souligne toutefois qu’Ottawa ne devrait pas avoir son mot à dire dans la mise en branle des projets.

Réagissant aux propos du ministre Morneau, le dirigeant du groupe Infrastructures du régime de retraite des enseignants ontariens avait pour sa part exprimé ses inquiétudes quant à une éventuelle interférence politique.

Lors de l’audience d’un comité sénatorial il y a quelques jours, Andrew Claerhout avait signalé que les investisseurs privés voudront savoir s’ils négocient bel et bien avec la Banque ou plutôt avec des ministres.

Dans son rapport proposant la création de la Banque, le conseil consultatif dirigé par M. Barton esquissait un outil de gouvernance «suffisamment indépendant pour avoir une crédibilité commerciale, en équilibre avec une reddition de comptes au gouvernement».

Ses détracteurs craignent quant à eux que la Banque pige deux fois dans les poches des contribuables canadiens, d’abord à travers le trésor public, puis par l’entremise des péages, tarifs ou autres frais d’utilisation.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!