TEL AVIV, Israël — Les Québécois n’iront pas aux urnes avant la date prévue, soit en octobre 2018.

C’est du moins l’assurance donnée mercredi par le premier ministre Philippe Couillard, qui a exclu tout scénario d’élections générales anticipées.

Confiant, il a dit ne pas vouloir profiter des faiblesses de ses adversaires.

La loi québécoise prévoit des élections à date fixe, tous les quatre ans, mais le premier ministre conserve toujours le privilège de déclencher des élections générales, s’il juge le moment opportun, comme l’a fait Pauline Marois en mars 2014.

Interpellé lors d’une mêlée de presse, mercredi, dans un aréna situé en banlieue de Tel Aviv, M. Couillard a qualifié la question de «fort intéressante», avant de s’empresser de fermer la porte à l’idée de prendre le risque de vérifier s’il a toujours l’appui des électeurs.

Rien ne justifierait un tel scénario, selon le premier ministre, élu en avril 2014. «Je ne vois pas de raison» de déroger à la loi actuellement, a-t-il dit, en ajoutant qu’il respectait «toujours la loi».

«Je n’ai pas du tout ça en tête», a insisté le premier ministre, refusant donc d’accorder quelque crédibilité aux rumeurs qui commençaient à circuler sur la colline parlementaire et laissaient croire que les libéraux, toujours gagnants dans les sondages, songeraient à précipiter l’appel au peuple dans l’espoir de former un deuxième gouvernement majoritaire de suite.

Les déconvenues récentes du Parti québécois, qui a échoué dans sa tentative de conclure une alliance électorale avec Québec solidaire pour déloger les libéraux, auraient pu aiguiser l’appétit de ces derniers pour un scrutin hâtif.

Mais M. Couillard affirme au contraire ne pas vouloir profiter d’une situation qui semble pourtant avantageuse pour sa formation politique.

«Ce serait de l’opportunisme politique», a-t-il tranché.

«Si je déclenchais des élections maintenant, avec raison, on me taxerait de faire de l’opportunisme sur le dos des difficultés de mes adversaires».

Selon lui, les péquistes, en baisse dans la faveur populaire selon les derniers sondages, «sont un peu mal pris», et leur option souverainiste, qui «ne va nulle part», a «ses meilleures années derrière elle».

Portant fièrement un chandail du Canadien de Montréal, il a dit vouloir gagner les prochaines élections sur son bilan, «ce qu’on aura fait pour le Québec», et son programme, «pour les prochaines années».

Dans le cadre de sa mission en Israël et en Cisjordanie, M. Couillard est allé assister à une partie de hockey entre jeunes israéliens de plusieurs confessions religieuses. Il a même chaussé les patins pour faire la mise au jeu.

Cette activité fait partie d’un programme auquel adhèrent 450 jeunes musulmans, juifs, druzes et chrétiens, filles et garçons, âgés entre 9 et 20 ans. Ce programme, créé en 1999, est financé en grande partie par le Montréalais Sidney Greenberg, ex-propriétaire d’Astral Média.

Remaniement ?

Pas d’élections en vue, donc, et probablement pas de remaniement à court terme non plus.

Après plus de trois ans d’exercice du pouvoir, M. Couillard n’a effectué aucun remaniement majeur de son équipe, contrairement à la tradition.

Des rumeurs laissent croire qu’il pourrait procéder à un remaniement d’importance en juin, M. Couillard ayant exprimé dans le passé son intention de redynamiser son gouvernement à l’approche des élections, lui donner un visage plus jeune, avec une proportion plus élevée de femmes.

Mais M. Couillard s’est montré prudent et évasif, affirmant qu’il ne prévoyait pas de remaniement ce printemps.

«Ce ne sera pas cette semaine, ni la semaine prochaine, ni le mois prochain. On verra, on verra», a-t-il dit, qualifiant sa position de «flexible».

Il a cependant réaffirmé son souci de privilégier un «renouveau constant», en faisant accéder davantage de femmes et de jeunes députés au conseil des ministres.

«J’ai toujours voulu que les femmes soient représentées très fortement au cabinet et les jeunes également», a-t-il dit.

En janvier dernier, quand Pierre Moreau est revenu au cabinet après un long congé de maladie, certains croyaient que M. Couillard en profiterait pour rebrasser les cartes de son équipe. Mais il a préféré reporter l’échéance, affirmant qu’un remaniement de plus grande envergure viendrait plus tard.

Mercredi, il a répété une phrase prononcée à de nombreuses reprises dans le passé: «Je n’ai pas de plan de changement aujourd’hui. Et je suis toujours à la recherche d’améliorer mon équipe et je vous rappelle que lorsque ça se produira, un changement, vous serez avertis.»

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