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Pour les besoins de l’article, nous appellerons cette résidente de Gatineau Joanne (nom fictif). L’histoire débute lors d’un examen IRM, en 2013.

Quelques années après avoir subi un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM), une résidente de Gatineau dit vivre un véritable calvaire. 

Lors d’une première visite aux urgences, le 1er septembre 2013, elle dit présenter une paralysie faciale et ressent des douleurs à la tête à l’effort, du côté droit. Le tout serait apparu après une séance d’électrolyse. Les médecins craignent un accident vasculaire cérébral (AVC), puis une tumeur. Ce n’était finalement pas le cas. Un autre médecin croit plutôt qu’il s’agit d’une masse au niveau du nerf facial.

Le 3 septembre, l’examen IRM est réalisé. Dans la nuit, elle ressent de vives douleurs. Le lendemain, elle consulte aux urgences pour des spasmes de muscles faciaux, des douleurs faciales et des céphalées, des mouvements incontrôlés et des soubresauts dans les membres droits accompagnés d’engourdissement.

Elle dit désormais souffrir d’une paralysie faciale, d’une névralgie et de douleurs chroniques, explique-t-elle en entrevue. Elle attribue le tout à l’examen IRM réalisé il y a quelques années. C’est qu’au moment de l’examen, elle avait des implants dentaires. En décembre 2014, on lui a d’ailleurs finalement retiré ses derniers.

 «J’avais ma santé, je n’ai plus rien», raconte-t-elle d’abord en pleurant.

Quelques mois plus tard, en mai 2014, elle réalise qu’elle semble sensible aux champs électromagnétiques. Depuis l’automne 2016, son sourire est asymétrique, aucun muscle du côté droit de son visage ne bouge.

Elle explique qu’il lui est impossible pour elle de se rendre dans un lieu public, une épicerie, une pharmacie, sans que sa santé en souffre, nous raconte la dame, rencontrée à son domicile. Difficile aussi pour cette dernière d’être près des fils électriques, des néons, d’un réseau Wi-Fi, de la télévision. «Tout ça vous rend une vie impossible, déplore-t-elle. D’ailleurs, ce n’est pas une vie que j’ai.»

Dans son domicile, il n’y a pas de réseau Wi-Fi. Il est aussi difficile pour elle de se retrouver dans le côté sud de la maison, étant donné la présence des fils électriques à l’arrière. «C’est devenu une hantise pour moi», poursuit la Gatinoise. Elle envisage d’ailleurs de déménager dans un endroit moins entouré de fils électriques.

Elle a aussi renoncé à son travail et elle évite les sorties. «Je suis quelqu’un qui a tout fait pour réussir, j’ai beaucoup travaillé pour accéder à ce que j’avais. Mais entre la vie que je m’étais projeté et celle que j’ai maintenant, il y a un monde», déplore cette Gatinoise.

Elle dit se sentir cloîtrée chez elle. «À mon âge, être obligée de rester à la maison, pour moi je suis en prison.»

Faire changer les choses?
En rendant son histoire publique, elle souhaite entre autre qu’un tel événement ne se reproduise pas.

Elle estime que les radiologues auraient dû s’informer sur ses implants dentaires. «Le radiologue a fait fi de la présence de mes implants», écrit-elle dans une lettre envoyée au ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Elle espère que le CISSSO modifiera aussi les formulaires de préadmission. «Ils n’ont pas levés le petit doigt pour changer quoi ce soit», déplore-t-elle. Je leur demande d’assurer la sécurité des hôpitaux.»

Au final, elle souhaite aussi  qu’une étude soit faite sur la compatibilité IRM des implants dentaires.

Elle estime que les connaissances des radiologues doivent être mises à jour, puisqu’elle croit que la compatibilité ou non-compatibilité IRM des implants dentaires est une question ignorée par le corps médical.

Quelques plaintes
Depuis les événements, elle a fait plusieurs démarches afin d’obtenir des informations en lien avec cette histoire.

Elle a notamment déposé une plainte au commissaire aux plaintes et à la qualité du CISSSO, contacté différents spécialistes, le Protecteur du citoyen, l’Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie du Québec ainsi que la lettre envoyée au ministre de la Santé et des Services sociaux.

Les conclusions ne sont pas convaincantes pour Joanne, notamment la réponse du CISSSO. «L’élément le plus important n’a pas été pris en compte à savoir les graves complications survenues suite à l’examen d’IRM», indique-t-elle dans la lettre envoyée au ministre Gaétan Barrette.

On lui propose actuellement de refaire l’IRM. «Je ne pourrais pas en avoir un à cause de la sensibilité que j’ai développée à tout champ électromagnétique», note-t-elle dans la lettre envoyée au ministre et mentionne-t-elle aussi en entrevue.

Elle estime que les normes scientifiques actuelles n’ont pas été respectées.

Dans cette lettre envoyée au ministre, Joanne questionne notamment la réglementation entourant les pratiques médicales, notamment les IRM. »Depuis un examen IRM, ma vie a pour ainsi dire basculé dans un vide total», y indique-t-elle.

Elle confie avoir de la difficulté à avoir des réponses au sujet de son état de santé. «Et ça fait terriblement mal», conclut-elle.

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