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Certaines tendances chez les consommateurs sont parfois difficiles à comprendre. Pourquoi un produit de consommation, qui en apparence n’est pas essentiel, peut connaître un immense succès? Comme c’est le cas actuellement pour les «hand spinner».

Mélissandre Morisette, enseignante en Techniques de comptabilité et de gestion au Collège d’Alma, souligne que les tendances éphémères ont toujours été bien présentes.

«Pour revenir à une économie viable, il faut toujours que nous dépensions plus que les années précédentes. Notre économie est donc basée sur une prémisse qui dit que nous devons toujours plus dépenser. Il y a donc une transformation qui s’opère afin d’encourager le consommateur à dépenser», explique Mme Morisette.

Le domaine de la mode est un excellent exemple alors que les nouvelles tendances étaient dictées en fonction de saison. Ce n’est aujourd’hui plus le cas. Le milieu de la haute couture suit encore les saisons. Par contre, plusieurs compagnies développent de nouvelles collections tous les mois afin d’amener le consommateur à dépenser sur une base régulière.

«Pour soutenir l’économie, nous sommes donc toujours ciblés comme consommateur. C’est normal, notre économie capitaliste est basée sur ce principe. On met souvent la faute sur les gens en marketing, mais ceux-ci ne créent pas de besoins», mentionne Mélissandre Morisette.

Quel est votre besoin?
Un achat vient toujours répondre à un besoin. La grande majorité du temps, on dépense afin de répondre aux besoins fondamentaux physiologiques, c’est-à-dire se nourrir, se vêtir, se loger, etc.

«En montant dans la pyramide, on développe d’autres besoins psychologiques. On parle d’estime des autres, épanouissement, besoin d’appartenance, etc. C’est la manière de répondre à ces besoins qui est en quelque sorte manipulée par le marketing. Nos désirs, c’est une manière de répondre à nos besoins. Plusieurs produits de consommation permettent de combler le besoin d’appartenance. Si des gens jouent à ce jeu et qu’ils en parlent, et que toi, tu n’en as pas et si tu n’es pas en mesure de communiquer avec eux, il y a de fortes chances afin d’éviter un sentiment de rejet face au groupe que tu décides également de participer à ça», affirme l’enseignante.

Cette situation, elle est propre à l’occident. Les priorités sont différentes d’un pays à un autre en fonction des besoins de la population.

«C’est dans notre société qu’on va au-delà des besoins de base. C’est également ici que l’on remarque des phénomènes pour des tendances de consommation éphémère. Les gens en marketing le savent, un produit en amène toujours un autre. C’est le cas de Pokemon Go entre autres. Il y a eu l’émission, les cartes et l’été dernier, l’application. Les spécialistes du marketing ont toujours une vision à long terme. Avant même la mise en vente d’un produit, ils travaillent déjà sur la prochaine version avec une amélioration. C’est là que naît le cycle de consommation de produit éphémère qui fait rouler l’économie», explique Mme Morisette.

La décision du consommateur
Pour Mélissandre Morisette, il ne faut pas jeter la pierre aux spécialistes du marketing. Si un produit connaît une popularité, c’est que le consommateur a fait la démonstration qu’il avait ce besoin.

«Ce sont des spécialistes. Ils peuvent déceler les intentions des consommateurs. Après tout, ils ne font que répondre à une demande. Le consommateur a toujours le contrôle. S’il décide qu’il ne veut plus ça, c’est à lui à lancer un message fort. C’est lui qui détient le pouvoir d’achat», souligne-t-elle.

Le consommateur doit faire preuve de réflexion. La consommation se dirige de plus en plus vers le prêt-à-jeter. Un fléau qui pourrait conduire l’homme à sa perte selon les propos de l’enseignante.

«Il y a plusieurs manières de dépenser afin de s’assurer d’une économie viable. Certains se tournent vers l’achat de services, mais il est beaucoup plus facile d’amener le client en magasin pour le faire dépenser. Une fois le produit brisé ou désuet, le déposer à la poubelle ne le fera pas disparaître. Le consommateur doit prendre conscience des impacts de ses actions. Notre économie est basée sur une prémisse, qui un jour, en raison du prêt-à-jeter, va nous tuer», souligne Mme Morisette.

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