JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne

OTTAWA — Des fonctionnaires ont recommandé au ministre fédéral de la Sécurité publique, Raph Goodale, de freiner la mise en place d’un registre public des agresseurs sexuels d’enfants qui présentent un haut risque de récidive.

Dans une note interne obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, des fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique ont signalé à M. Goodale que «plusieurs inquiétudes ont été soulevées» quant à ce projet. Les éventuelles pressions sur les ressources et le risque que des citoyens s’improvisent justiciers pourraient motiver l’abandon du projet, ont-ils écrit au ministre en mars 2016.

Le gouvernement de Stephen Harper avait adopté une loi qui pourrait permettre à la Gendarmerie royale du Canada de créer une telle base de données par souci pour la sécurité des mineurs.

On a néanmoins conseillé au ministre Goodale d’aller de l’avant avec certaines mesures comme l’imposition de nouvelles exigences en matière de dénonciation et l’amélioration du partage d’informations entre agences fédérales.

Un représentant de son ministère a précisé cette semaine que «le travail sur cette initiative se poursuit».

La base de données compléterait les renseignements actuellement émis par les services de police à travers le Canada. Elle constituerait également un outil supplémentaire pour la surveillance des délinquants sexuels, précise la note à l’intention du ministre Goodale.

Le registre s’avérerait également utile pour certains ministères, a-t-on ajouté. Passeport Canada aurait par exemple accès à des informations pouvant conduire à la révocation d’un document de voyage.

Les autorités étrangères pourraient également profiter de la base de données afin de garder un oeil sur les délinquants sexuels canadiens en visite dans leur pays.

Les fonctionnaires ont toutefois souligné que des mesures sont déjà en place pour prévenir le public.

Les services correctionnels sont notamment tenus d’avertir la police locale lorsqu’ils croient qu’un prédateur sexuel sur le point de retrouver sa liberté pose un danger. Il revient ensuite aux policiers de déterminer s’il faut alerter le public.

La note obtenue par La Presse canadienne soulève que des écarts pourraient se creuser dans les informations disponibles selon les régions. Le manque de financement pour la gestion du registre par la GRC y est également relevé. Des ex-détenus pourraient par ailleurs passer dans la clandestinité pour protéger leurs proches, tandis que l’efficacité d’un tel registre reste à démontrer, est-il ajouté.

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