TORONTO — Les avocats du Canadien accusé d’avoir piraté la messagerie Yahoo ont plaidé lundi que le juge de première instance qui avait refusé de le libérer sous caution a exagéré son rôle présumé dans cette affaire.

Les avocats de Karim Baratov tentent de faire infirmer la décision de la Cour supérieure de l’Ontario, qui a rejeté en avril la demande de libération sous caution de l’accusé en attendant la suite des procédures. Le juge Alan Whitten avait estimé que le jeune homme de 22 ans, qui risque 20 ans de prison s’il est reconnu coupable aux États-Unis, pourrait très bien s’évaporer dans la nature afin d’éviter la justice américaine.

Karim Baratov, de Hamilton, avait été arrêté en mars au Canada en vertu de la Loi canadienne sur l’extradition, lorsque les autorités américaines l’ont formellement accusé de piratage informatique et d’espionnage économique, notamment. Trois autres suspects — dont deux agents présumés des services secrets russes — ont aussi été accusés relativement à cette affaire.

Les avocats de M. Baratov ont plaidé lundi que le juge Whitten avait commis plusieurs erreurs, notamment celle d’avoir exagéré les liens qui uniraient l’accusé avec un agent des services secrets russes qui l’aurait embauché.

À l’extérieur de la salle d’audience, lundi, l’avocat Amedeo DiCarlo a expliqué qu’il voulait convaincre la Cour d’appel que son client, qui n’est pas sans reproches, n’est qu’un petit joueur, sans lien avec le gigantesque piratage de Yahoo. Ravin Pillay, un autre avocat de la défense, a plaidé en cour que rien ne prouve la participation de M. Baratov dans ce piratage.

Selon des courriels échangés entre l’accusé et son présumé contact aux services secrets russes, M. Baratov n’aurait été embauché «que» pour pirater 80 comptes, et n’aurait réussi qu’à sept reprises, a plaidé M. Pillay. Or, selon la défense, il existe une «différence fondamentale» entre le fait de pirater des comptes individuels et le fait de déjouer le système de sécurité de Yahoo et d’accéder aux données de près de 500 millions de comptes.

Par ailleurs, rien ne prouve que M. Baratov savait que son employeur, Dmitry Dokuchaev, était un agent des services secrets russes, a plaidé la défense. Me Pillay a d’ailleurs noté que M. Dokuchaev n’avait transféré que 104 $ dans le compte PayPal de M. Baratov. Mais selon la Couronne, de plus fortes sommes ont pu être versées dans d’autres comptes, que les autorités américaines n’ont pas encore retracés.

Par ailleurs, la défense a soutenu que M. Baratov ne risque pas de déguerpir parce qu’il n’aurait nulle part où aller. Les autorités américaines soutiennent de leur côté que l’accusé, né au Kazakhstan, représente un risque «extrêmement élevé» de fuite, à cause de ses liens présumés avec les services secrets russes et compte tenu de ses moyens financiers, notamment.

La Cour d’appel devrait se prononcer plus tard cette semaine sur la libération sous caution. En première instance, la défense avait proposé que l’accusé soit placé chez ses parents, qui offraient une caution de près d’un million de dollars en argent comptant et en actifs.

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