Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le ministre des Finances est venu à la rescousse de la future Banque de l’infrastructure du Canada (BIC), mardi, en plaidant que les projets seraient plus risqués pour les contribuables si Ottawa en portait seul le fardeau financier.

La BIC, qui serait dotée de 35 milliards $ en fonds publics, est l’une des clés de voûte de la stratégie de croissance économique du gouvernement libéral. Elle vise à utiliser des fonds publics pour attirer les investissements privés dans des projets d’envergure comme des chemins de fer, des ponts ou des réseaux de transport public. Ces projets intéresseront les investisseurs privés s’ils promettent à la clé des revenus d’exploitation comme des tarifs ou des péages.

En entrevue à La Presse canadienne, mardi, le ministre Bill Morneau a soutenu qu’en faisant participer le privé, Ottawa pourrait lui faire assumer une part plus importante des risques, et même lui faire assumer la plus large part des dépassements de coûts. Le gouvernement fédéral, quant à lui, jouerait un rôle moins grand que s’il agissait seul, et les contribuables seraient donc moins exposés au risque, a estimé le ministre.

Et même si le gouvernement ne récupérait pas toutes ses billes dans un projet, il faudrait encore tenir compte des bénéfices liés à la construction, au génie civil et aux travaux de planification, mais aussi aux gains de productivité réalisés grâce au projet, a ajouté le ministre Morneau.

Le ministre des Finances a tenu à faire ses commentaires alors que l’opposition, de droite comme de gauche, critique sévèrement le projet. Certains accusent les libéraux de «jouer» de façon risquée l’argent des contribuables afin d’attirer des investissements privés — des craintes alimentées par des notes internes au sein même du gouvernement.

L’opposition demande plus de temps pour étudier le projet de loi créant la BIC. Mais le ministre Morneau estime que le gouvernement a déjà discuté en long et en large de sa proposition et qu’il est temps d’aller de l’avant pour démontrer le bien-fondé de l’initiative, au mérite, projet par projet.

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