Photo: Gracieuseté - Twitter Une des photos qui a été diffusée sur Twitter par l'équipe de Justin Trudeau, montrant les deux hommes en pleine discussion.

MONTRÉAL — Une visite comme celle de Barack Obama et de Justin Trudeau au Liverpool House de Montréal, mardi, est un énorme plus pour le restaurant et «vaut de l’or» en matière de relations publiques pour les deux politiciens, estime le professeur de communications et de relations publiques Luc Dupont.

L’ex-président américain et le premier ministre canadien ont soupé ensemble dans l’établissement fort prisé du quartier de la Petite-Bourgogne, tout juste après le discours à guichets fermés offert par M. Obama au Palais des congrès de la métropole.

Selon M. Dupont, l’impact de cette visite pour le restaurant est plus efficace que la publicité traditionnelle et aura une longue durée de vie dans l’esprit des gens.

Et pour MM. Obama et Trudeau, la spontanéité qui se dégage de la photo des deux hommes attablés, diffusée sur le compte Twitter du premier ministre mardi, «vaut de l’or» en politique, tranche le professeur de l’Université d’Ottawa, spécialisé aussi en médias et en marketing.

On sent qu’il s’agit de deux amis qui partagent un bon moment: une image positive qui reste dans la mémoire des gens, estime-t-il.

Dans un coin manifestement privé et isolé du restaurant, on voit les hommes en train de converser, décontractés, en chemise sans veston ni cravate. M. Obama est nonchalamment appuyé sur le dossier de sa banquette et M. Trudeau a roulé ses manches de chemise.

«Tout cela a l’air franc. Tout cela a l’air spontané».

«Une partie de la force de ce qu’on a vu hier (mardi), c’est que ça s’inscrit très bien dans la nouvelle réalité des médias, le sentiment que c’est authentique», explique le professeur.

Encore mieux: dans l’esprit des gens, «ce n’est pas acheté. Ce n’est pas de la publicité», analyse-t-il. «Ce sont plutôt des relations publiques extrêmement bien ficelées.»

Et le repas s’est déroulé dans un restaurant accessible, pas une soirée où le couvert coûte 500 $, remarque l’expert.

«Ça les rend très sympathiques.»

Serait-ce plus efficace que de la publicité traditionnelle?

«Aucun doute possible», rétorque l’expert.

Et puis c’est une nouvelle qui va durer: elle sera encore là dans un an, deux ans. Un touriste qui fait des recherches risque de tomber sur cette nouvelle-là, explique-t-il.

Un peu comme cette pâtisserie d’Ottawa dans le marché By visitée en 2009 par Barack Obama lors de sa visite officielle au pays. Tout le monde se souvient du «Moulin de Provence» qui vend désormais des biscuits «Obama».

M. Dupont ajoute qu’il serait possible d’évaluer tout l’espace utilisé par la nouvelle, les photos, la présence sur les réseaux sociaux et les mots-clic et de calculer combien cela aurait coûté d’acheter cet espace en publicité.

Mais ici, selon lui, cela vaut encore plus cher parce que «ça ne sent pas la publicité», qui porte les gens à se méfier un peu, à en prendre et à en laisser.

«C’est ce qui était extraordinaire hier: cette spontanéité-là qui vaut de l’or sur le plan politique».

Petite stratégie supplémentaire ou réserve d’un premier ministre au pouvoir: sur la photo diffusée sur le compte de Justin Trudeau, le restaurant n’était pas identifié. Le chef du restaurant David McMillan l’a fait par la suite.

Encore mieux, s’est exclamé M. Dupont. Un petit suspense s’est créé, les gens se sont posé la question, ils ont essayé de deviner.

«Cette petite devinette fait que c’est encore plus fort.»

M. Dupont souligne que désormais, la ligne de démarcation entre la politique et le ‘star-système’ est de plus en plus mince et que les deux hommes jouent le jeu à la perfection. Ils se servent tous les deux des médias sociaux à leur avantage, croit-il.

«Est-ce que tout cela était réfléchi? Je ne le sais pas. Mais la pointe de l’iceberg que j’ai pu observer, c’était impeccable.»

«Dans un cours de communications et de relations publiques, c’est un A+.»

Le Liverpool House était déjà un restaurant très fréquenté, et le temps d’attente pour les réservations déjà fort long. La visite de haut niveau de mardi ne va pas remplir soudainement un restaurant qui l’était déjà. Mais il lui assure de rester en tête des gens et de demeurer sur la liste sélecte des restaurants à la mode, fait remarquer le professeur.

Un plus, sur le plan de la réputation, juge-t-il.

Comme des barils de carburant pour avions à réaction, a-t-il ensuite lancé.

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