MONTRÉAL — Quelque 80 travailleurs de l’usine Sleeman-Unibroue à Chambly ont déclenché une grève générale illimitée, mercredi matin, après la rupture de leurs négociations avec l’employeur. Et le syndicat envisage déjà une longue grève.

La direction de l’entreprise dit regretter cette décision, qu’elle «s’explique mal».

Les travailleurs, membres de la section locale 931 du Syndicat des Teamsters, affilié à la FTQ, avaient rejeté la dernière offre patronale à 93 pour cent, samedi dernier. Et c’est à 90 pour cent qu’ils avaient voté, le 13 mai dernier, pour un mandat de grève à être déclenché au moment opportun.

«Au moment où on se parle, les travailleurs se préparent pour un long conflit de travail», a indiqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mercredi, le directeur du service des relations publiques du syndicat, Stéphane Lacroix.

Il fait état d’un climat de travail malsain, qui s’est traduit par le dépôt de 200 griefs au cours des derniers mois.

La convention collective est arrivée à échéance en décembre dernier. Des négociations ont déjà eu lieu en présence d’une conciliatrice, en vain.

«C’est une grève générale illimitée. On sait quand elle commence; on ne sait pas quand elle se terminera. À la lumière des négociations qui ont eu lieu, notamment, devant la conciliatrice, on a l’impression que ça va être une longue grève, une grève douloureuse, pour une raison bien simple: on n’a pas le sentiment que l’employeur se présente à la table de négociation avec une prédisposition d’esprit qui permette les négociations», a-t-il soutenu.

De son côté, la direction d’Unibroue affirme avoir «démontré sa bonne foi à maintes occasions en déposant plusieurs propositions dans l’espoir d’en arriver à une entente» avec le syndicat.

«Dans ce contexte, la direction de l’usine s’explique mal la décision du syndicat de déclencher la grève et demeure engagée à en arriver rapidement à une entente», a-t-elle fait savoir, par voie de communiqué.

Parmi les points en litige, on note le respect de l’ancienneté et les heures supplémentaires, dans un contexte de conciliation travail-famille.

M. Lacroix rapporte que le syndicat éprouverait des difficultés à négocier avec la direction locale de l’entreprise. «C’est la raison pour laquelle on en appelle à la direction de Sapporo Canada», a-t-il justifié.

L’usine Sleeman-Unibroue de Chambly fait l’embouteillage de plusieurs marques de bières, comme la Maudite, la Fin du monde et la Blanche de Chambly, en plus des produits Sleeman et Sapporo.

La direction a pris soin de préciser qu’elle ne prévoyait «pour le moment aucun problème d’approvisionnement de ses produits pour les clients et les consommateurs».

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