Chantal Lévesque/Métro

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard refuse de céder aux menaces de coûts supplémentaires de chantiers si la grève des ingénieurs de l’État s’étire.

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a fait savoir mercredi qu’il n’a pas l’intention de bâcler une entente simplement pour éviter les retards dans les travaux routiers, notamment.

Uniquement pour le projet de réfection de l’échangeur Turcot à Montréal, les dépenses en cas de retard de plus de deux semaines s’élèveraient à pas moins de 118 millions $, en pénalités à verser aux entrepreneurs, heures supplémentaires, frais au consortium en charge, etc.

En point de presse mercredi matin, M. Moreau a plutôt fait valoir que le chantier n’est nullement paralysé actuellement et qu’il tourne plutôt rondement, il n’y a donc pas de risques de pénalités. Pas question pour lui de consentir aux demandes des ingénieurs pour éviter les pénalités.

«Si vous négociez comme ça, vous allez mettre le Québec en grande difficulté, parce que les pénalités sont fonction du montant global du contrat, ce n’est pas comme ça qu’on doit calculer si une augmentation de salaire doit être donnée à quelqu’un pour sa prestation au travail», a-t-il répondu aux journalistes avant la séance du caucus libéral.

«Chantage»

Le président du Conseil du trésor ne perçoit donc pas le risque de retard, la pression d’un conflit qui se prolonge à la faveur des grévistes, comme une épée de Damoclès.

«Le chantage est toujours une mauvaise conseillère dans le domaine de la négociation», a-t-il argué, en ajoutant qu’il ne laissera pas l’arrêt de travail durer tout l’été, réitérant la menace d’une loi spéciale.

«Voulez-vous que je prononce le mot loi spéciale? Je vais vous le dire: loi spéciale», a-t-il répondu devant l’insistance de la presse parlementaire, sans évoquer une date limite.

«Je ne veux pas plancher sur un scénario de loi spéciale», a-t-il nuancé.

En effet, il mise encore sur un règlement négocié puisque les pourparlers avancent à la table de négociations, selon lui. Le gouvernement devrait donner suite jeudi à une proposition écrite du syndicat.

«Je ne vous donnerai pas d’échéancier (pour une loi spéciale) parce que si je faisais ça, je compromettrais les chances d’avancement à la table de négociations. (…) Je ne ménagerai aucun effort pour en arriver à une solution négociée.»

Selon des données du ministère des Transports obtenues par Radio-Canada, la grève paralyserait plus de 250 chantiers à travers la province. Cependant, M. Moreau a plutôt évoqué 50 chantiers «sous surveillance» en date de samedi dernier.

La grève des 1400 membres de l’Association des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) s’étirait depuis deux semaines au jour de mercredi. Cette journée-là, ils ont encore manifesté autour de l’Assemblée nationale à Québec.

Rémunération

Les négociations achoppent principalement sur l’enjeu de la rémunération, selon le syndicat. Le salaire annuel moyen d’un ingénieur au gouvernement est de 74 400 $, a indiqué l’APIGQ.

Québec propose les mêmes augmentations que celles obtenues par le front commun des employés de l’État en 2015, soit le versement d’un montant forfaitaire de 500 $ équivalant à environ 1 pour cent en 2015, puis des augmentations de 1,5 pour cent en 2016, de 1,75 pour cent en 2017 et de 2 pour cent en 2018.

Pour la dernière année de la convention collective, Québec doit verser un autre montant forfaitaire d’environ 250 $, soit environ 0,5 pour cent, auquel il faut ajouter en moyenne 2,4 pour cent pour les paiements de relativité salariale.

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