Pablo Martinez Monsivais Pablo Martinez Monsivais / The Associated Press

OTTAWA — Alors que de difficiles pourparlers se profilent à l’horizon, le secrétaire du Trésor du président Donald Trump a offert des paroles rassurantes aux intervenants canadiens qu’il a rencontrés vendredi lors de sa visite à Ottawa.

À l’occasion de son premier séjour dans la capitale canadienne, le secrétaire du Trésor américain Steve Mnuchin a rencontré plusieurs ministres importants du gouvernement Trudeau et a participé à une table ronde en compagnie de chefs d’entreprise, un événement organisé par le Conseil canadien des affaires.

M. Mnuchin et ses vis à vis ont parlé d’une série de dossiers transfrontaliers, dont le commerce, les taxes et les infrastructures.

Steve Mnuchin, un ancien gestionnaire de fonds spéculatif, a maintenant rencontré son homologue canadien, le ministre des Finances Bill Morneau, à cinq reprises depuis son assermentation il y a quelques mois.

Avec les négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui s’en viennent, les échanges s’annoncent certainement plus corsés.

Le président Trump a qualifié l’ALENA de pire accord commercial jamais conclu par les États-Unis et a promis de se retirer de celui-ci s’il n’arrive pas à conclure une entente plus profitable pour son pays.

Après les rencontres de vendredi, M. Mnuchin a tenté de tempérer les inquiétudes des Canadiens, mais il a dit qu’il était encore trop tôt pour aller dans les détails sur les éventuelles demandes de Washington.

«Je crois que peu importe ce qu’on fait, notre objectif est de s’assurer que cela est positif pour l’économie américaine et positif pour l’économie canadienne», a-t-il déclaré en conférence de presse.

«Nous avons eu des discussions politiques et économiques très productives. Comme je l’ai dit, c’est l’une de nos relations les plus importantes», a-t-il ajouté.

Depuis la victoire électorale de Donald Trump, la Banque du Canada et les dirigeants canadiens d’entreprises ont exprimé plusieurs fois leurs réticences face à l’incertitude provoquée par les mesures protectionnistes aux États-Unis et la réforme des impôts proposée par le nouveau président.

Des gens d’affaires craignent notamment que les baisses d’impôts pour les entreprises affectent la compétitivité canadienne.

M. Morneau affirme que ses rencontres avec son homologue l’ont éclairé sur certains sujets.

«Ce que nous avons entendu aujourd’hui de la part du secrétaire Mnuchin, c’est une volonté d’aller de l’avant avec une réforme sur les impôts aux États-Unis, dans un objectif de le faire aussi rapidement que possible», a indiqué le ministre canadien.

«C’est positif, de notre point de vue, parce que la clarté est bénéfique.»

L’exercice d’établissement de relations entre le Canada et la nouvelle administration américaine a exigé la participation de la plupart des membres du cabinet du premier ministre Justin Trudeau. Quelques ministres canadiens ont effectué plusieurs visites à Washington depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, afin de raffermir leurs liens avec les politiciens américains.

Plusieurs autres ministres, dont celle des Affaires étrangères Chrystia Freeland, ont participé aux discussions de vendredi.

M. Mnuchin a offert un indice sur les enjeux qui pourraient être abordés pendant la renégociation de l’ALENA: une possible clause pour s’attaquer à la manipulation des devises.

Il croit que la surveillance touchant la manipulation des devises est «cruciale» — et il s’attend à obtenir l’appui du Canada sur ce point.

«Je crois que c’est moins un enjeu entre nous et plus un enjeu pour la signification de ce que nous croyons très important pour nos deux économies et l’économie canadienne», a déclaré M. Mnuchin.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire du Trésor avait participé à une table ronde avec quelque 20 dirigeants d’entreprises à Ottawa.

Selon John Manley, qui est à la tête du Conseil canadien des affaires, plusieurs dirigeants ont été rassurés par les propos de M. Mnuchin, bien qu’il n’ait pas éliminé toutes les inquiétudes de ceux-ci.

«Il est parmi les mondialistes de l’administration, alors peut-être que c’est une moins grosse menace à l’égard de l’ALENA», a-t-il suggéré.

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