Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Les relations commerciales canado-américaines ainsi que certains litiges entre les deux pays seront au coeur d’une visite éclair d’une journée qu’effectuera le premier ministre Philippe Couillard, lundi, à Washington, où il pourra entre autres, s’asseoir avec le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

S’il s’entretiendra également avec l’ambassadeur du Canada dans la capitale américaine David MacNaughton ainsi qu’avec quelques sénateurs, le premier ministre aura l’occasion de se faire entendre auprès de M. Ross, un des poids lourd de l’administration du républicain Donald Trump.

Les dossiers de l’Accord de libre-échange nord-américain, du litige sur le bois d’oeuvre et de la plainte contre Bombardier (TSX:BBD.B) déposée au département américain du Commerce par Boeing (NYSE:NA) risquent de figurer sur la liste des priorités de M. Couillard. Il n’a toutefois pas été possible de savoir de quoi allaient discuter précisément les deux hommes.

«Notre message aux Américains est que les accords de commerce, c’est bon pour vous aussi, avait expliqué M. Couillard, vendredi, en dressant son bilan de la dernière session parlementaire, à l’Assemblée nationale. C’est 9 millions d’emplois dans 35 États (américains) qui en dépendent.

Le premier ministre fera certainement valoir que les économies des deux côtés de la frontières sont intégrées au chapitre de la chaîne d’approvisionnement dans une multitude de secteurs.

En 2015, selon les données du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, le Québec a exporté pour 59,4 milliards $ de marchandises aux États-Unis, ce qui représente plus de 72 pour cent de ses exportations internationales.

Bien qu’il ne soit pas au courant de l’ordre du jour, le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Éric Tétrault, espère que certains dossiers spécifiques seront abordés en profondeur.

«Pour nous, il faut débattre du bois d’oeuvre, de l’aluminium en raison du dumping russe et chinois, ce qui nuit à nos exportations, et les clauses de type Buy America, a-t-il expliqué, au cours d’un entretien téléphonique. Il s’agit d’éléments qui ne font pas partie de l’ALÉNA.»

Depuis que le républicain Donald Trump est devenu le 45e locataire de la Maison-Blanche et que l’administration américaine se montre plus protectionniste, le gouvernement Couillard dit avoir multiplié les efforts au sud de la frontière afin de promouvoir l’ouverture des frontières. Depuis janvier, Québec affirme avoir effectué 19 missions ministérielles aux États-Unis.

M. Couillard ne faisait toutefois pas partie de la délégation de premiers ministres de huit provinces et territoire qui ont rencontré des élus, des hauts fonctionnaires et des gens d’affaires à Washington plus tôt ce mois-ci.

D’après le président de MEQ, l’absence du premier ministre lors de cette visite ne devrait pas lui nuire.

«La province fait quand même partie des plus proactives au sud de la frontière, a dit M. Tétrault. Le succès d’une mission dépend toujours de qui on rencontre pendant la journée.»

D’autres taxes?

Son passage dans la capitale américaine survient alors que l’industrie forestière canadienne attend une décision des autorités américaines sur les droits antidumping — qui pourrait se traduire par un droit supplémentaire de 10 pour cent — d’ici la fin de la semaine.

À l’exception de cinq compagnies, dont Produits forestiers Résolu, les exportations de bois de sciage au sud de la frontière sont déjà frappées d’une taxe douanière rétroactive de 19,88 pour cent.

M. Couillard se rend également à Washington environ deux mois avant que l’on commence à discuter de possibles modifications l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) en vigueur depuis 1994 au Canada, aux États-Unis ainsi qu’au Mexique.

Déjà, la semaine dernière, dans le cadre de la Conférence de Montréal, M. Lauzon avait voulu calmer le jeu dans le cadre d’un atelier en affirmant que l’on s’apprêtait à moderniser — et non renégocier — l’accord commercial tripartite à la mi-août.

Le délégué général du Québec à New York avait expliqué que la renégociation de l’ALÉNA revenait à déchirer l’entente pour recommencer et que ce n’était pas ce que l’administration Trump souhaitait faire avec le Canada et le Mexique.

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