OTTAWA — Un comité de la Chambre des communes a publié un rapport unanime sur les suicides chez les Autochtones, les Inuits et les Métis qui appelle le gouvernement fédéral à aider les différentes communautés pour s’assurer qu’elles aient toutes les ressources nécessaires pour gérer la crise.

C’est l’une des 28 recommandations que le comité multipartite a présentées lundi dans son rapport d’une centaine de pages.

Depuis 2016, le comité avait pour mandat d’étudier la crise des suicides qui s’est répandue chez les Autochtones, les Inuits et les Métis. Les représentants ont mené 20 audiences publiques et entendu une centaine de témoins, allant des communautés touchées aux experts sur le sujet. Ils ont aussi discuté avec 50 jeunes Autochtones, qui ont raconté leurs expériences difficiles, mais qui ont aussi fait part de leur espoir de pouvoir régler la crise.

Selon le témoignage de ces différents intervenants, le taux anormalement élevé de suicides dans ces communautés peut notamment s’expliquer par des «traumatismes historiques et intergénérationnels» — citant notamment le cas des pensionnats autochtones qui ont fonctionné pendant plus de 150 ans au pays.

Michael DeGagné, de l’Université Nipissing, croit «qu’un grand nombre des suicides que nous devons déplorer aujourd’hui tirent leur origine de ces pensionnats qui existaient il y a plusieurs dizaines d’années».

Le comité note également des problèmes sur la prestation des soins de santé, le financement instable, le logement et l’éducation, entre autres.

Les députés recommandent au gouvernement fédéral de déléguer plus de pouvoirs aux communautés, de créer plus de logements, d’instaurer un financement sur le long terme et d’adapter les services de santé à la réalité de ces populations.

«Le comité croit que les approches efficaces en matière de prévention du suicide doivent être complètes, faire participer tous les secteurs et être dictées par les priorités des collectivités autochtones. Toute solution doit en outre tenir compte des facteurs sociaux, économiques et culturels qui influent sur la santé et le bien-être des peuples autochtones», conclut-on dans le rapport.

La députée conservatrice Cathy McLeod a affirmé que les différents membres du comité avaient dû mettre de côté leurs différends pour arriver à un rapport unanime après avoir entendu des témoignages «troublants».

«Nous avons eu un homme qui a perdu son fils qui est venu au comité et qui partagé bravement son histoire. Nous étions à Vancouver et nous avons entendu une jeune femme parler de son agression aux mains de quelqu’un qu’elle connaissait dans la communauté», a-t-elle déclaré.

La ministre libérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a parlé d’un rapport «important».

«Les enjeux du traumatisme intergénérationnel et du mauvais traitement des enfants sont là, mais je crois que nous savons tous que nous devons vraiment assurer la sécurité des jeunes gens pour être capables de dénoncer le mauvais traitement des enfants et fournir les soins appropriés en matière de traumatisme», a-t-elle déclaré.

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