OTTAWA — Le Syndicat des employés du Solliciteur général (SESG) soutient que les employés de la sécurité publique et de la justice qui sont exposés à des documents et des témoignages horribles ou bouleversants risquent de souffrir de séquelles psychologiques.

Dans un rapport dévoilé mardi, le syndicat soutient que «la majorité des employés de sécurité publique interrogés subissent les effets négatifs de la nature violente des récits criminels, des déclarations de victimes, des éléments de preuve explicites et des documents connexes dont ils doivent assurer la gestion dans leur environnement de travail».

Il s’agit d’employés de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des tribunaux fédéraux, mais aussi d’agents de libération conditionnelle et d’employés dans les prisons fédérales.

Selon le sondage mené par le syndicat, 80 pour cent des employés de sécurité publique interrogés ont dit qu’ils avaient subi «certains impacts personnels» après avoir vu des «documents traumatisants». Les répondants ont dit «faire des cauchemars et souffrir d’insomnie, vivre des difficultés ou des accès émotionnels, éprouver des sentiments de peur et de deuil, connaître des problèmes conjugaux et perdre la santé physique», indique le rapport de 70 pages.

Un employé de la GRC a ainsi rappelé que dans sa petite communauté, certains éléments horribles touchent parfois des gens qu’il connaît personnellement.

Séquelles peu reconnues

Le président du syndicat, Stan Stapleton, un ancien agent des services correctionnels, compare ces séquelles psychologiques aux microtraumatismes répétés subis par les employés de bureau devant leur ordinateur. Il note cependant que les séquelles psychologiques sont moins reconnues que les problèmes physiques, et souhaite que le gouvernement en fasse davantage pour prévenir et soigner.

Ces séquelles ont d’abord été admises par l’armée canadienne, puis par les forces de police, les ambulanciers paramédicaux et les pompiers, rappelle le syndicat. Par contre, les employés de sécurité publique ne sont pratiquement pas préparés pour affronter de tels traumatismes qui, par ailleurs, ne sont pas réellement reconnus par les autorités, déplore le SESG.

Un agent de libération conditionnelle a ainsi raconté que la «culture de travail n’appuie que la prise de journées de congé lorsque le personnel est agressé en raison de situations traumatisantes». Les patrons «culpabilisent le personnel qui devient stressé/surstressé en raison de documents traumatisants ou de menaces à la sécurité», a-t-il soutenu dans le sondage.

En octobre dernier, le Comité permanent de la sécurité publique et nationale recommandait la création d’un centre de recherche voué à la santé mentale des premiers répondants et des agents de la sécurité publique confrontés à des scènes horribles ou des récits bouleversants. Selon des chiffres cités par le comité des Communes, de 10 à 35 pour cent des premiers répondants — des ambulanciers aux agents correctionnels — présenteront éventuellement un trouble de stress post-traumatique.

Le sondage du syndicat a été mené en ligne au mois de juillet 2016; près de 1280 membres ont répondu au questionnaire, soit environ 8,6 pour cent des 14 700 membres du SESG occupant des emplois actifs.

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