Darryl Dyck | La Presse Canadienne

MONTRÉAL — L’industrie du bois d’oeuvre canadien se prépare à une deuxième vague de droits compensateurs de la part des États-Unis.

Ces mesures, qui seront annoncées lundi, pourraient mettre davantage de pression sur les producteurs et tout particulièrement sur les petites entreprises, dont certaines seront portées à réduire leurs effectifs.

Le département américain du Commerce a imposé, en avril, des droits compensateurs à cinq entreprises qui oscillent entre trois et 24 pour cent, alors que d’autres producteurs font face à des droits de 19,88 pour cent.

Cette fois, les États-Unis devraient annoncer des droits antidumping préliminaires ayant un taux moyen d’environ 10 pour cent, lesquels s’ajouteraient aux précédents.

L’analyste Paul Quinn, de RBC Marchés des capitaux, estime que les États-Unis se montreront fermes afin d’inciter le Canada à accepter une entente avant le début des négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain, prévues en août.

Les droits antidumping sont «une façon de faire peur aux Canadiens et d’essayer de les forcer à faire avancer les choses», a-t-il dit.

La part du Canada dans le marché américain du bois d’oeuvre était de 27 pour cent en mai, alors qu’elle se situait à 31 pour cent un an plus tôt, selon les rapports mensuels du gouvernement fédéral.

Cette part représente une perte en exportations de 165 millions $ pour le mois, notamment de 105 millions $ pour la Colombie-Britannique et de 18 millions $ pour le Québec.

Les taux finaux de droits ont été plus bas que les tarifs préliminaires par le passé. Or, un changement pourrait survenir cette fois-ci, selon M. Quinn, qui soutient que la coalition américaine du bois d’oeuvre fait pression afin qu’une réponse forte soit servie au Canada relativement à son soutien financier de 867 millions $ apporté à sa propre industrie.

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Jim Carr, a affirmé qu’Ottawa a été «très prudent» en développant le programme. Il n’a pas voulu dire si des mesures de soutien supplémentaires viendraient avec la deuxième vague de droits imposés par les États-Unis.

«Nous allons réagir aux conditions du marché dans la réalité du moment, a-t-il dit jeudi. Nous sommes engagés à nous assurer que le secteur forestier est capable de s’adapter aux environnements changeants.»

Les effets de la première vague de droits se font déjà ressentir. Produits forestiers Résolu (TSC:RFP) a réduit le nombre d’heures de travail dans sept de ses scieries et certains craignent que d’autres entreprises en fassent de même.

Le Conference Board du Canada a dit que les droits compensateurs américains coûteront 1,7 milliard $ en un an aux producteurs canadiens et se traduiront par une réduction de 2 200 emplois.

Le porte-parole de Résolu, Seth Kursman, n’a pas voulu s’avancer à savoir si l’entreprise envisage d’autres coupes.

«Ce ne serait pas juste de ma part de spéculer, de deviner et, par le fait même, de créer de l’angoisse au sein de nos membres et au sein des communautés dans lesquelles nous travaillons et vivons», a-t-il dit.

Selon l’analyste Hamir Patel, de la CIBC, Résolu encaissera les droits antidumping préliminaires les plus élevés parmi les quatre entreprises qui doivent se voir imposer de telles mesures.

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