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MONTRÉAL — Le Mouvement national des Québécois (MNQ) dresse un bilan positif des célébrations qu’il a coordonnées vendredi et samedi à l’occasion de la Fête nationale du Québec.

En entrevue avec La Presse canadienne, sa présidente, Martine Desjardins, a toutefois tenu à souligner que les festivités sont toujours à la merci des conditions météorologiques.

Elle se dit «somme toute très satisfaite» du déroulement des événements, malgré le déplacement et l’annulation de certains d’entre eux — principalement des feux d’artifice, a-t-elle précisé.

Le 23 juin, des menaces d’orages violents ont poussé les organisateurs à devancer le grand spectacle de Québec d’une heure. Cette décision a suscité la grogne de certains membres du public qui jugent ne pas avoir été prévenus à temps.

«Je considère qu’avec la pluie qui s’est abattue sur les plaines d’Abraham tout de suite après la reprise du numéro d’ouverture, c’était la bonne décision à prendre», a exposé Mme Desjardins, évoquant la sécurité des artistes et des spectateurs.

La présidente du MNQ souligne que malgré cet accroc, une foule deux fois plus importante que l’année précédente s’est amassée sur les plaines d’Abraham.

Bien que l’organisation continue de compiler les chiffres d’achalandage, elle estime que le spectacle de Laval, samedi soir, a attiré quelque 70 000 personnes. Elle rapporte aussi la participation de 20 000 spectateurs au concert de Val-Bélair, à Québec, le même soir, de même qu’un nombre total de bénévoles comparable à celui en période électorale.

Martine Desjardins dit se réjouir tout particulièrement du succès qu’ont connu les petites fêtes de villages, qui ont rassemblé jusqu’à 5 000 personnes dans certaines régions.

Une controverse entourant le défilé de Montréal a toutefois terni les festivités, avec une vidéo qui a soulevé l’indignation sur les réseaux sociaux.

Les seules personnes racisées qu’on peut y apercevoir poussent un char allégorique, sur lequel Annie Villeneuve entonne «Gens du pays». Des dizaines de personnes apparemment blanches — et vêtues de blanc — marchent à leurs côtés.

La présidente de Québec inclusif, Émilie Nicolas, a partagé la vidéo en soulignant que celle-ci illustre bien le concept de racisme systémique.

Le comité organisateur s’est défendu en faisant état d’un effort écologique combiné à la participation de jeunes sportifs de l’école secondaire Louis-Joseph Papineau.

Le militant Haroun Bouazzi a écrit sur Facebook qu’il ne doutait pas de la bonne foi des responsables, mais s’est demandé «comment on en arrive à organiser un défilé où la division des rôles entre noirs et blancs est aussi choquante». Il a souligné le caractère «dévalorisant» de la mise en scène, qui dénotait pour certains des relents d’esclavagisme.

Déjà vers la prochaine édition
Au cours des prochaines semaines, l’heure sera aux bilans avant de se tourner aussitôt vers la prochaine édition.

Le MNQ attend les comptes rendus de ses divers comités organisateurs afin de «voir s’il y a des réajustements à faire pour s’assurer que la 184e édition sera aussi réussie que celle-ci».

La thématique annuelle est approfondie au cours de l’été, puis soumise au gouvernement à l’automne, a précisé Mme Desjardins. Cette année, il s’agissait de «Québec, emblème de notre fierté».

L’ancienne leader étudiante a réitéré son intention de réclamer un financement plus important auprès du gouvernement. Elle déplore la stagnation du budget depuis maintenant trois ans, soit depuis les coupes qui l’ont ramené à son niveau de 2012. Elle aimerait également élever le plafond de 5 000 $ qui a été fixé pour les subventions aux petites fêtes régionales.

«On a quand même une bonne écoute (du gouvernement), donc on va continuer de travailler avec eux et s’assurer qu’on va aller de l’avant et offrir aux Québécois une Fête nationale qu’ils méritent», a-t-elle conclu.

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