Capture d'écran Luc Fortin

LONGUEUIL, Qc — Québec a finalement dévoilé son projet de politique de la culture, mardi, alors que la dernière datait de… 1992.

Pour le moment, il ne s’agit que d’un projet de politique, pas encore d’une politique proprement dite. Le projet sera soumis à la consultation les 5 et 6 septembre à Montréal pour les organismes nationaux, mais déjà, les intéressés peuvent soumettre leur avis en consultant le site web du ministère de la Culture et des Communications.

En lançant son projet de politique, au cours d’une conférence de presse à Longueuil, le ministre Luc Fortin a exprimé sa volonté de miser sur la culture comme outil de développement économique, avec ses emplois et ses retombées directes et indirectes.

«C’est un projet de politique qui évidemment souligne l’apport identitaire, l’apport social de la culture; c’est un outil de développement et de cohésion sociale important pour le Québec, mais c’est aussi un outil de développement économique. Et ça, on n’en parle pas assez. Et dorénavant, on va en parler plus», a-t-il prévenu.

«La culture, c’est 176 000 emplois à travers le Québec, c’est 4,4 pour cent de notre PIB (produit intérieur brut). C’est également une vitrine exceptionnelle pour le Québec à travers le monde. Alors ça aussi, cette dimension-là, économique, va être beaucoup plus présente dorénavant dans notre discours et dans nos actions», a-t-il averti.

Déjà, le document résulte d’une consultation qui avait été menée l’été dernier auprès des intéressés. Plus de 450 mémoires avaient alors été déposés; 2959 personnes avaient rempli le questionnaire en ligne.

Et lorsque le «forum national» aura été tenu en septembre, et à partir de la consultation qui commence aujourd’hui sur le web, la future politique québécoise de la culture sera dévoilée à la fin de l’année.

La précédente politique de la culture, adoptée sous l’ancienne ministre Liza Frulla, avait duré 25 ans. Et elle était encore jugée pertinente. Mais il faut la remettre au goût du jour, avec les nouvelles technologies, notamment, les nouveaux modes de diffusion de la culture.

Le projet de politique de la culture décrit le français comme «une force identitaire à protéger» dans le contexte nord-américain et de mondialisation, où «l’anglais exerce un fort pouvoir attractif, notamment dans des sphères comme la création et la consommation culturelle».

«Cette tendance est dans une grande mesure exacerbée par l’avènement du numérique et des médias sociaux; les frontières n’existent plus et l’anglais a tendance à s’imposer», y écrit-on.

On y dit aussi vouloir «accroître l’influence du Québec en matière de culture», ainsi que la coopération avec les partenaires internationaux. Reste à savoir comment cela se traduira dans les grands accords commerciaux qui sont négociés, puisqu’on entend beaucoup moins parler de l’exception culturelle qu’avant pour maintenir la protection des cultures nationales.

Le ministre Fortin a promis de tenir compte de toutes les régions du Québec, et pas seulement de la métropole, dans cette future politique baptisée succinctement «Partout, la culture».

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